D'abord y'a eu l'histoire du marché. Franchement, qui aurait pu prévoir que le dimanche à 7h30 du matin, juste devant chez mon frère à Saint-Ouen, y'a un gros marché qui s'installe? Ben peut-être mon frère justement... sauf que le dimanche il est rarement levé à cette heure-là. Du coup impossible de se garer devant l'immeuble, on se tape la moitié de la rue, les sept bagages lourdes comme des sacs de briques, jusqu'à la voiture de Flo et Swan, qui eux sortent à peine de soirée pour gentiment me livrer à l'aéroport.
Bon, passe encore. S'il n'y avait eu que ça, je m'en serais bien sorti.
J'embrasse mon frère, je lui fais les recommandations d'usage sur la vie, l'argent, les femmes et tout... Je saute en voiture et on file jusqu'à Orly. ça aurait pu être Roissy, peste Flo au volant, de Saint-Ouen c'est quand même plus pratique, mais non, c'est Orly Sud. Pas grave, on fonce, personne sur la route, le jour se lève révélant un grand soleil d'hiver pour m'accompagner en ce jour faste. ça y'est, aujourd'hui c'est la bonne : je quitte Paris pour de vrai! Et la météo est de mon côté! Arrivé à l'aéroport, largement à temps, je m'insère avec mon chariot dans la file d'enregistrement des bagages et j'essaye de repérer des bonnes gueules pour me délester de quelques kilos : en gros, un pigeon sympathique qui voudrait bien prendre une de mes valises pour m'éviter la surtaxe. J'aperçois juste devant moi un jeune couple super roots avec deux sacs de rando même pas pleins (à vue d'oeil, un maillot un tee-shirt et un masque-tuba tout au plus). Je m'approche :
"Vous allez à Pointe-à-Pitre?".


