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  <title>Les Bouddhas Egoïstes</title>
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  <language>fr</language>
  <pubDate>Mon, 06 Sep 2010 18:19:09 -0500</pubDate>
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    <title>Ethique immobilière...</title>
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    <pubDate>Mon, 17 May 2010 01:31:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Balou</dc:creator>
            
    <description>&lt;p&gt;Pour ceux qui me connaissent et qui croient encore que je suis un extrémiste
anarcho-syndicaliste décroissant, il est grand temps que je révèle un secret
innavouable...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je suis... proprio. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui, tu as bien entendu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je suis propriétaire d’un capital immobilier, et même qu’il est sous les
tropiques ce capital. Oui madame, je sais, on dirait pas, avec mes cheveux
longs, mon short troué, mes tongs usées et ma barbe de vingt jours...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et quitte à être proprio, j’ai pas choisi n’importe quelle baraque : une petite
villa cossue avec vue sur mer, entourée de médecins pour vieilles dames,
d’avocats mafieux, de patrons du bâtiment, de vendeurs de berlines et
d’hôteliers défiscalisés... Bref, que des blancs...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est d’ailleurs pour ça que j’y habites pas. J’y passe juste de temps en
temps. La voisine croit encore que je suis le jardinier...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;mamaison.jpg, mai 2010&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.bouddhas-egoistes.net/public/.mamaison_m.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;br /&gt;
Mais j’ai pas fait exprès d’être proprio : j’ai hérité. De ma grand-mère, une
vieille bourgeoise bigotte mais touchante, que j’aimais beaucoup. &lt;br /&gt;
J’ai bien essayé de dire au notaire que j’étais contre les riches, que je
trouvais que la propriété privée c’était du vol et que je voyais pas pourquoi
moi j’aurais droit à une maison avec vue sur mer pour pas un rond alors que
d’autres antillais triment toute leur vie pour se payer une malheureuse case
dans les grand-fonds de Saint-Anne, (dont la couleur de la tôle se marie
évidemment avec celle de leur Audi toute neuve...)... mais ils n’ont rien voulu
entendre. Les salauds, ils m’ont fait signer de force l’acte de donation et hop
ma voilà devenu un immonde capitaliste avec un couteau entre les dents, prêt à
tout pour protéger mon petit bien immobilier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est pas plus compliqué que ça en fait : un simple petit papier, même pas un
original, une photocopie pourrie, et me voilà officiellement proprio, assuré
d’un toit à vie, pour moi, mes enfants (?) et les enfants de mes enfants
(????)... Sans avoir jamais rien fait pour. Après ça on ose parler de la
“valeur travail” alors que des glandus comme moi peuvent se retrouver, sans en
foutre une, avec un pactole immobilier entre les mains, en un claquement de
doigt ... si ça c’est pas une putain d’injustice...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais une injustice qui m’arrange bien. Je pourrais certes refuser cet héritage,
mais ça ne résoudrait pas l’injustice, ça ne changerait rien au système. La
question de l’héritage doit être de l’ordre d’une loi civile, générale, et non
pas d’un comportement individuel. Un prétexte pour ne pas renoncer à ma part ?
Sans doute en partie. Mais c’est aussi une réalité que certains changement
doivent se faire collectivement, sinon c’est du sacrifice. Et j’suis pas très
chrétien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors oui, ça m’arrange bien en fait, d’avoir ce petit pied-à-terre tropical,
moi qui suis incapable de mettre un sous de côté, et au moment même où je me
retrouve au chômage sans aucune idée de ce que je vais faire de ma vie... (euh,
non, vraiment, je vois pas)...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Car pour acquérir une villa de ce standing là, le scénario le plus crédible
aurait été de :&lt;br /&gt;
- continuer ma carrière de cadre en communication sans me poser de question sur
l’absurdité et la bêtise de ce milieu pourtant si demandé.&lt;br /&gt;
- attendre au moins les 50 ans (sans doute pour devenir un vieux-beau poivre et
sel, patron d’une agence de pub, avec une forte tendance à mettre la main au
cul des stagiaires graphistes...)&lt;br /&gt;
- requérir un prêt sur 30 ans à la SoGé, ce qui m’aurait bien fait chier vue
comme ma “conseillère” est vraiment conne...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’aurais pu aussi devenir consultant tiens, ou formateur, voire même me lancer
dans la comm pour des ONG, histoire de me faire croire que j’oeuvre au bien de
l’humanité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais dans tous les cas, l’acquisition d’un bien de ce type aurait impliqué que
je sois au préalable devenu un gros con, avide de fric, de statut social et de
confort matériel...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Donc CQFD : jamais je n’aurais pu avoir une maison pareille. Jamais.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’en vois déjà qui se disent que j’exagère. Etre proprio, c’est vraiment pas
bien grave. C’est pas comme si j’avais tout plein d’actions chez Lagardère
Armement, ou bien un 4x4 “Ushuaïa Nature”, ou pire, un yorkshire. L’immobilier
c’est sain, c’est utile, c’est beau, c’est la terre, c’est un toit pour des
gens qui en auront besoin, c’est une assurance pour mes vieux jours...&lt;br /&gt;
Et puis c’est plutôt une chance d’avoir un bien immobilier. Surtout si c’est
bien placé, et valorisable. Quelques menus travaux et hop, je loue ça une
fortune à une famille d’expatriés qui bossent chez Air France, et ça me fait un
revenu d’appoint confortable. Vas-y, pompe leur du fric à ces gros cadres
bedonnants en Mercedes climatisée !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et bien justement, voilà où la bas nylon blesse mes petites jambes fragiles :
quelle que soit la personne à qui j’en parle pour prendre conseil, de droite
comme de gauche, voire d’extrême gauche, c’est le même discours. L’orientation
politique s’éclipse, l’éthique disparaît pour laisser la place à une pure
réflexion économique. Comme si il n’y avait qu’une attitude possible dans cette
situation : maximiser la valeur de ton investissement. En gros, c’est une
évidence que si tu possèdes une maison de standing, bien placée, tu dois faire
ton possible pour maximiser sa valeur et et essayer de la louer à un locataire
fortuné pour en tirer le maximum de profit.&lt;br /&gt;
Tout se passe comme si la logique de l’efficacité économique l’emportait sur
toute autre considération. Alors même que je ne l’ai même pas acheté cette
maison! Je n’ai même pas investit un centime à ce jour. Mais malgré cela, ce
serait considéré comme un manque à gagner que de ne pas faire tout mon possible
pour maximiser mon profit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’ai pourtant évoqué la question avec des militants, des syndicalistes, des
gauchistes, des anarchistes... Bref, la même réponse toujours : retape ta
barraque et loue là à un couple CSP++, ça va te faire du beurre dans les
épinards. Impossible d’obtenir des avis “humains”, incluant peut-être d’autres
critères, comme l’écologie par exemple : non, dans cette situation seul compte
la variable économique. C’est triste. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le pire c’est que moi-même, j’ai un mal fou à me délivrer de ce
conditionnement. A chaque fois que j’envisage de prendre une voie alternative,
comme de la louer à une famille locale par exemple, ou de limiter le loyer et
de permettre à un couple sympa mais sans le sou d’avoir une villa bien
placée... et bien une alarme interne se met en route, j’entend alors mon
subconscient, prenant pour l’occasion la voix paternaliste de mon gripsou de
grand-père, acquéreur originel de mon bien ainsi que des dizaines
d’autres,  me chuchotter à l’oreille : “Laisse tomber tes principes, c’est
des fadaises. T’as un bien : tu le valorises, un point c’est tout. C’est comme
ça qu’on s’en sort dans la vie.” Si on rajoute à ça la pression sociale : les
médias, la famille, les amis, pour qui la rentabilisation du bien va de soi, et
s’en priver serait le signe soit d’un infantilisme, soit de faiblesse...
impossible d’aller à contre-courant. La bonté et l’éthique ne sont pas des
valeurs très en vogue, avouons-le...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je dirais qu’il y a au moins trois facteurs psychologiques principaux qui
“justifient” auprès de notre ego, le fait qu’on priorise l’efficacité
économique sur tout autre considération&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- l’avidité : la plus évidente et aveuglante. La plus viscérale aussi. 
Lorsqu’on a la possibilité de se faire du fric,  difficile de se limiter.
On à tendance à vouloir en tirer le maximum. Surtout si ça demande peu
d’efforts. Je pense que c’est une tendance naturelle de l’homme dès lors qu’il
instaure le principe de propriété privée. Hors ce principe, l’avidité
n’existerait pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deux autres facteurs complémentaires sont aussi en jeu, qui se réfèrent plutôt
à l’image de soi face aux idéaux sociaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- l’envie d’être plus malin que les autres :  dans l’imaginaire collectif,
l’image du “malin” est une référence incontournable. Je ne parle pas du petit
gars futé, plein de bonnes idées constructives. Non, ici on parle surtout du
mec qui sait embobiner son prochain .On le retrouve d’ailleurs partout chez La
Fontaine, qui a formaté, avec la complicité de l’éducation nationale, des
générations de français pour qu’ils deviennent de bons capitalistes. Comme en
plus ces fables coïncidaient avec le bon sens populaires, l’image du malin est
devenue hautement valorisée socialement, avec un appui littéraire
puissant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais s’il est encore acceptable de ne pas être plus malin que tout le monde, il
est carrément inconcevable d’être le pigeon. Le mental est prit dans un étaux
incontournable et classique : d’un côté le “désir” d’être le plus malin, de
l’autre :&lt;br /&gt;
- la “peur” de se faire avoir : car dans l’imaginaire capitaliste, ne pas
maximiser son profit revient inévitablement à se faire arnaquer par l’autre
partie, celui qui achète ou loue à bas prix. C’est une forme de dictature
morale qu’on a du mal à cerner tant elle fait partie de notre quotidien. Mais
cette dictature est insupportable, car c’est la dictature des “loups”. Or, les
loups son minoritaires. La plupart des humains sont plutôt des “agneaux”. Et
cette majorité doit pourtant suivre les préceptes moraux d’une minorité plus
expressive que les autres, et qui a sut faire passer un comportement
pathologique pour une attitude logique et saine. (ça demanderait
approfondissement mais l’idée y est...)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ceci-dit, moi ça me pose un vrai problème moral cette histoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parce que j’estime qu’aucune famille avec deux enfants ne devrait avoir les
moyens de louer une barraque dont le loyer est l’équivalent d’un bon
salaire.&lt;br /&gt;
Je parierais même que le loyer potentiel de ma maison est quasiment
l’équivalent du décile supérieur de la grille des salaires en Guadeloupe, c’est
à dire que seulement 10% de la population salariée touche au-délà de cette
somme.&lt;br /&gt;
Qu’un cadre supérieur puisse payer en loyer ce que 90% de la population touche
en salaire me parait innadmissible. Non, soyons précis : qu’autant de cadres
puisse se payer le luxe d’un tel loyer me paraît innadmissible. Car des maisons
comme la mienne, y’en a des centaines en Guadeloupe, pendant que des familles
entières dorment dans des case en tôle. A mon sens c’est le signe d’une
déséquilibre flagrant de la répartition des richesse et j’aimerais ne pas
participer à cette arnaque à grande échelle... mais je ne sais pas si j’en
aurais le courage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que faire ? Comment sortir de ce dilemne moral sans me tirer une balle
dans le pied?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bah, je pense que je vais faire comme tout le monde : lâcher mes idéaux de
jeunesse et me mettre à la gestion prudente et efficace de mon beau patrimoine.
Si j’ajoute une piscine, je suis sur qu’elle prendra au moins 20% ! A moi la
belle vie !!&lt;br /&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>La complainte EDF...</title>
    <link>http://blog.bouddhas-egoistes.net/post/2010/02/24/La-complainte-EDF...</link>
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    <pubDate>Wed, 24 Feb 2010 03:58:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Balou</dc:creator>
            
    <description>&lt;p&gt;La semaine dernière, la centrale thermique de Jarry déconnait à bloc.
Quasiment tous les soirs on se tapait une coupure de courant qui dure entre
quinze minutes et deux heures. D’après ce qu’on m’a dit, ça fait des années que
les syndicats dénoncent un matériel défectueux qui risque de tomber en rade à
tout moment, et des années que tout le monde s’en fout. En l’occurence, il
paraît qu’une des turbines est actuellement en panne. Du coup, pour assurer la
charge, EDF déconnecte alternativement une partie du réseau pendant quelques
heures, puis une suivante et ainsi de suite. Evidemment, il n’a jamais été
question de limiter la consommation. Notre mode de vie n’est pas négociable. Le
niveau de consommation électrique par habitant est une données de l’équation à
laquelle il est impensable de toucher. Pourtant, quand on voit le nombre de
lampes allumés inutilement dans chaque maison (tiens, rien qu’en ce moment,
j’en ai trois pour moi tout seul d’ailleurs... ), sans parler des appareils
électroménagers en veille permanente, on ne peut pas s’empêcher de penser qu’on
a sans doute une bonne marge en terme de sobriété.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;bougie.jpg, mar. 2010&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.bouddhas-egoistes.net/public/bougie.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;br /&gt;
Mais plutôt que d’oser, hérésie!, se donner des limites, on préfère au
contraire construire une nouvelle centrale, en Grande Terre, dont la
consommation prévue en eau (pour faire tourner les turbines à coup de vapeur)
risque de sérieusement gréver les besoins des agriculteurs sur ces terres
arides... ça tourne en boucle tout ça.&lt;br /&gt;
Donc comme je disais, la semaine dernière la zone Versailles-La Grippière où je
squatte s’est retrouvé plusieurs fois dans le noir. Même les petits blocs HLM
derrière chez moi, construits en pleine campagne dans les années 90,
disparaissaient enfin du paysage et pour se fondre dans l’obscurité général, à
mon grand bonheur.&lt;br /&gt;
Quand j’habitais à Pointe-à-Pitre dans les années quatre-vingt c’était déjà un
évènement plutôt commun, la coupure de courant. Mais en arrivant en France,
j’ai fini par oublier ce petit inconvénient typique des tropiques. En fait,
pendant les vingt années que j’ai passé en métropole, j’ai pas dut vivre plus
de deux coupures générales, et encore, ça n’a duré à chaque fois qu’une
demi-heure à tout casser... Et oui, quelle chance d’habiter un pays où
l’excellence des ingénieurs formés aux meilleurs écoles du monde permet
d’assurer un service aussi essentiel de façon continue, avec à peine 60 minutes
d’interruption en vingt ans de service ! Je ne me lasse pas d’admirer la
grandeur de notre belle nation ! Donc me retrouver aujourd’hui au bout du
monde, dans un trou-du-cul où la coupure est la norme, ça fait tout bizarre.
Y’a comme un arrière-gout de tiers-monde surané pour le citadin civilisé et
habitué au confort que je suis...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme pour la pluie, dont on entend le chuintement sur les arbres au loin avant
même de sentir la première goutte d’eau, lorsqu’arrive la coupure on voit
aussi, depuis notre colline, s’éteindre les quartiers un à un, juste avant de
se retrouver dans le noir à notre tour. En général à ce moment là, tout le
monde gémit : “Et merde, ils font chier”, “Et voilà, c’est parti pour une
heure”, “Juste quand le Grand Journal allait commencé”, “T’as pas vu les
allumettes”, “Je crois que y’a Papy qu’est au toilettes...”. On se met à
chercher les lampes torches, dont les piles sont forcément à plat, on manque de
se brûler l’avant-bras pour la énième fois en essayant d’allumer les lampes à
gaz, et on finit souvent par tâtonner dix minutes pour mettre la main sur ces
putains d’allumettes... Bizarrement, bien qu’on soit habitué au scénario, on
n’est jamais vraiment au point sur ce type d’exercice...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parfois aussi, quand il ne fait pas encore vraiment nuit, mais qu’il ne fait
plus tellement jour non plus, on ne prend même pas la peine d’allumer quoi que
ce soit. On reste assis, dans la pénombre et on se met à discuter sans se voir,
et la discussion commence invariablement par une longue complainte à EDF puis
enchaîne au hasard vers divers sujet, souvent en rapport avec l’inefficacité
des services publics locaux... Ma mère se mettra à imiter le loup pour essayer
sans trop y croire de nous faire peur; Guy, le cousin de la maison, fera une
blague qui tombe à plat; Jean-Claude mon oncle qui habite à côté, passera faire
un tour pour voir si tout va bien... Et on se mettra tous à discuter un long
moment jusqu’au “Aaaaah! Enfin! ” qui nous délivrera de ce calvaire.&lt;br /&gt;
La télé se rallumera et tout ce beau monde reprendra sa place : sur le canapé
!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout ça pour dire que, bien qu’officiellement classé comme “incident technique
indépendant de notre volonté”, cette coupure de courant sera sans doute le
meilleur moment de la journée du foyer. Privé de tout repère visuel, et mis
dans l’incapacité d’agir sur le monde qui nous entoure, on s’en remet à nos
fonctions primitives : l’échange oral. D’autant que la peur du vide nous pousse
à remplir les blancs.&lt;br /&gt;
En pleine lumière, il est très (trop) facile de se retrancher derrière un
magazine, la télé, ou n’importe quelle activité d’ailleurs.&lt;br /&gt;
Dans le noir en revanche, il n’y a que la parole qui emplit les vides : on se
sent presque obligé de parler, mu par une sorte de peur primitive du noir...
qui représente aussi peut-être le vide abyssale de notre propre vie... Hmm, je
m’emporte un peu là... mais y a sans doute du vrai dans tout ça...&lt;br /&gt;
D’ailleurs, je ne serais pas étonné que nos ancêtres homo-erectus aient fait de
gros progrès linguistique de nuit... Si on réfléchit, avant qu’ils trouvent le
feu, ils devaient se faire profondément chier une fois la nuit tombé sur la
horde. Et puis ils devaient avoir une peur bleu de tous les bruits alentours,
redoutant le tigre à dent de sabre ou le scolopendre géant (argghh! non pas ça,
je vais cauchemarder ce soir). Du coup, c’est évident que pour se rassurer, ils
se sont mis à discuter, de tout et de rien, et ce faisant, ils ont certainement
fait d’énorme progrès en vocabulaire comme en grammaire... C’est sûr.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais je ne terminerais pas cette chronique sans évoquer le facteur majeur qui
fait de la coupure d’électricité non pas un “incident” mais plutôt un “répis” :
c’est que pour une fois, la télé reste éteinte, et personne ne peut rien y
redire. Et ça, c’est le vrai luxe!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 </description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Le temps des cendres</title>
    <link>http://blog.bouddhas-egoistes.net/post/2010/02/21/Le-temps-des-cendres</link>
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    <pubDate>Sun, 21 Feb 2010 02:36:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Balou</dc:creator>
            
    <description>&lt;p&gt;Jeudi dernier, vers 18h et des bananes, il s’est mis à neiger de la cendre.
Littéralement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“Comment, t’es pas au courant ?” m’interpelle Guy quand je débarque à la maison
pour dîner, comme si l’évènement était de classe international “C’est la
Souffrière de Montserrat.”&lt;br /&gt;
Montserrat c’est une toute petite île anglaise au nord ouest de la Guadeloupe.
ça fait 15 ans que la Souffrère de Montserrat est en éruption, 15 ans qu’on
nous fait régulièrement flipper, en nous promettant tremblement de terres,
tsunamis, nuées ardentes et afflux d’émigrés anglophones qui piqueront le
boulot des Guadeloupéens...&lt;br /&gt;
Finalement les réfugiés ils sont partis partout sauf chez nous. A croire que la
situation sociale les a fait fuir... On les comprend, vu comme les haïtiens et
les dominicains sont traités ici... Donc aujourd’hui, y’a plus grand monde à
Montserrat, mais nous, comme on est sous le vent, on se récupère quand même
leurs cendres à chaque fois que la Souffrière tousse. Ils auraient quand même
pu nettoyer avant de partir...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;cendres.jpg, fév. 2010&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.bouddhas-egoistes.net/public/.cendres_m.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;    Du coup jeudi dernier, il a neigé des cendres. C’est vraiment très bizarre les
cendres. On n’est pas habitué à voir ça tomber du ciel. C’est un tout nouveau
rapport à la nature, plus brutal, plus palpable. Impossible de rester dehors,
on rentre, on ferme les fenêtres et on attend que ça passe, mais aucune météo
ne saura nous dire quand. C’est l’inconnu, on se sent carrément impuissant, et
c’est plutôt agréable au final d’être forcé à retrouver cette humilité face à
la nature.  &lt;br /&gt;
Et puis ça crée un vrai lien, un ancrage local, comme les cyclones : on se
demande si toute l’île est touchée, on s’interroge sur ceux qui habitent plus
près, comment ça se passe pour eux... C’est un fléau (tout relatif) qu’on vit
tous ensemble au même moment et qui nous rassemble.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pendant toute la nuit ça duré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et le lendemain, le monde était tout gris. Post-apocalyptique. D’ailleurs, ma
voisine Huguette, que je suis allé voir pendant qu’elle balayait sans fin sa
terrasse, elle a bien compris d’où ça venait tout ça : “Entre la pollution, le
réchauffement climatique, et maintenant les éruptions volcaniques, y’a plus
rien qui va !”. Amalgame on ne peut plus représentatif de notre époque de
bordel médiatique. Pourtant l’éruption volcanique c’est sans doute la dernière
catastrophe moderne a être véritablement naturelle...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la radio, ils ont annoncé à tout va que le pluie de résidus durerait encore
probablement 36 heures. ça n’a pas empêché la moitié des Guadeloupéens de
nettoyer inlassablement leur terrasse, leur voiture, leur toiture, à grand coup
de jet d’eau et de karcher. ça parait pas comme ça mais la cendre, ça rentre
partout et ça colle. J’ai moi-même succombé au balayage de ma terrasse le
matin... pour retrouver une couche identique le soir même.&lt;br /&gt;
On raconte que certaines personnes passaient la journée à nettoyer sans cesse,
le tuyau d’eau à la main, ouvert en continu. Sachant qu’il n’avait pas plus
depuis trois semaines et que l’eau commençait déjà à manquer sur l’île. Mais
c’est pas ça qui empêchera un Guadeloupéen de nettoyer sa voiture. Imagine la
honte de se pointer au boulot la voiture toute sale... Impensable! J’en ai
parlé à Huguette, pas ma voisine, celle qui s’occupe de la maison de mon
grand-père. Elle m’a soutenu, à force d’expressions créoles très imagées,
qu’elle n’en avait rien à foutre, qu’elle était pas écologiste, et qu’on ne
l’accuserait pas de mal entretenir sa terrasse (et la notre à fortiori). Fin de
la conversation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pendant plusieurs jours, et encore aujourd’hui, la cendre est restée incrustée
un peu partout. Il paraît que les récoltes de melon ont “brulé”, que les
bananes se sont tâchés de noir, les rendant invendables sur le marché européen
trop attaché au jaune fluo habituel. Du coup, les exploitants ont bien récolté
les régimes, mais pour les laisser pourrir au pied des bananiers. Tout ça pour
une histoire de couleur. La chlordécone ça dérangeait personne, mais une seule
tâche noir sur la belle peau luisante en étallage c’est pas admissible. On
marche sur la tête!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aujourd’hui, on parle déjà de “la cendre” pour se réfèrer à cette période, un
évènement parmi d’autres ponctuant la vie (pas si) paisible du pays. Mais,
j’avoue que pour moi c’est tellement plus agréable de voir le temps ponctué par
des évènements naturels plutôt que par le maronnier commercial habituel...
Hasard du calendrier local, le mercredi suivant c’était le “mercredi des
cendres”, jour du carnaval noir et blanc...</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.bouddhas-egoistes.net/post/2010/02/21/Le-temps-des-cendres#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Une journée blanche et sèche...</title>
    <link>http://blog.bouddhas-egoistes.net/post/2010/02/11/Une-journ%C3%A9e-blanche-et-s%C3%A8che...</link>
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    <pubDate>Thu, 11 Feb 2010 01:56:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Balou</dc:creator>
            
    <description>&lt;p&gt;Vendredi soir, ma cousine passe me chercher pour aller boire un coup. 
Dans la voiture, elle m’interroge : “Dis-donc, c’est la première fois que tu
sors de la maison non ?”. Merde alors, c’est vrai, une semaine que je suis là
et j’ai pas foutu le nez dehors. ça craint. J’ai certes fait des allez retour
entre la maison de mon grand-père, celle de mon oncle (qui fait également
office d’Internet café) et chez moi (chez ma mère), mais vue que tout ce petit
monde est à peu près à 200 mètre les uns des autres, ça compte pas.  Du
coup, c’est ma première sortie en ville... où plutôt à la Marina, car il y a
bien longtemps que plus personne ne se rend à Pointe-à-Pitre pour sortir : trop
calme, trop glauque, trop craignos... &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, y’a pas à dire, LE lieu branché de cette partie de l’île, c’est la
Marina.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;ti-punch.jpg, fév. 2010&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.bouddhas-egoistes.net/public/ti-punch.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;br /&gt;
On y trouve une brochette de restos design, de bars trendy et de pièges à
touristes, alignés en face du port de plaisance. Et surtout, c’est là que
s’érige une sorte de grosse cabane en bois sur pilotit , avec vue imprenable
sur le parking : le Zoorock Café. Le dancing officiels des blancs de l’île. Ce
n’est pas un à-priori, c’est un fait. Mais il faudrait plusieurs paragraphes
pour le décrire et surtout expliquer, sans m’embourber dans des considération
racistes, les raisons de ce microcosme. Donc je garde ça pour plus tard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’autant que c’est pas du tout là qu’on s’est rendu avec ma cousine et sa
copine : c’est dans une créperie au bout du port sans doute déssinée par Starck
en personne, mais c’était le seul endroit où on pouvait dîner pour moins de
20euros (ti-punch et musique assourdissante compris). Je vous épargnerais le
contenu détaillé de notre conversation, qui a couvert, en vrac: les alliages
bétons, les tracasseries de couples, la psychothérapie insulaire, les
stagiaires envahissants, le prix des bières selon les lattitudes, les petits
n’enfants haïtiens, l’endoscopie infantile... Bref, le plus frappant reste sans
doute l’impression que j’ai ressentie chez cette amie, une métropolitaine
pourtant mariée à un antillais (on dit aussi “noir”), que depuis les “40 jours”
(c’est comme ça qu’on se réfère à la grève générale de début 2009 ici...) , les
manifestations de racisme envers les blancs ce sont accentuées. En fait, ce
soir là, notre amie venait de recevoir une lettre d’insulte, la traîtant de
“Salope blanche”. L’anonyme auteur de cette lettre avait pris soin d’écrire de
la main opposée... Malin! Cependant, ne trouvant sans doute pas d’autres
supports sous la main, le scélérat avait simplement utilisé le papier et les
enveloppes bien reconnaissables... du lieu de travail de mon amie... Sachant
qu’ils sont cinq en tout, que deux était en congés au moment des faits, et que
les deux autres sont au dessus de tout soupçons... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lendemain matin, je prend mon courage à deux mains et je quitte la maison.
Le temps de me souvenir de la fonction des trois pédales, et hop, me voilà dans
la 206 de ma mère en route pour Pointe-à-Pitre où à lieu, à 10h du mat’, faut
pas déconner merde, la réunion des AMG de “Là-bas si j’y suis”. C’est ma
cousine qui m’avait judicieusement rappelé cette réunion mensuelle de dangereux
gauchistes. Pour ceux qui connaissent pas AMG ça veut dire “Auditeurs Modestes
et Géniaux” et c’est une terminologie chère à Daniel Mermet, l’animateur de
l’émission culte de France Inter.  J’arrive à dix heures et quart, je fais
le tour de la Place de la Victoire deux fois, le temps de trouver une place en
épi qui m’éviteras de me ridiculiser à passer dix minutes à foirer mon
créneau.  La veille, en discutant avec ma cousine, on se demandait
vraiment quel type de têtes pouvaient bien participer à ces réunions débats.
Car ici, tout est histoire de “race”. Quelle que soit l’activité, le lieu, ou
une simple anecdote, on te demande toujours si il s’agit d’un antillais, d’un
métro, d’un bécké, d’un indien, d’un métis, d’un libanais, d’un syrien ou d’un
juif... La race, c’est super important. Non pour critiquer ou faire des
jugements racistes, mais pour replacer les chose dans leur contexte. Si c’est
un blanc qui a fait ceci ou cela, ce sera différent que s’il s’agit d’un noir.
On peut comprendre qu’un métro soit en tongs (moi par exemple), mais si c’est
un antillais, c’est que c’est un pauvre, ou un “boloco” (une plouc). Mais
en écrivant ça, je me demande si c'est pas juste pour moi que la race est
importante... Ferais-je de la projection sur mes compatriotes ? Sujet à
creuser...&lt;br /&gt;
Donc j’arrive au restaurant La Marie-Galante, et là je tombe sur trois blancs
et une métisse discutant sur la terrasse qui donne sur la place. C’est donc
bien ce qu’on avait imaginé :  une bande d’intellos métropolitains éxilés
qui s’emmerdent sous les tropiques... Je leur demande si c’est bien ici le
café-truc...&lt;br /&gt;
“Oui, oui, c’est bien là. ”&lt;br /&gt;
“ça a déjà commencé?”&lt;br /&gt;
“Ben maintenant qu’on est cinq on va pouvoir s’y mettre.”&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et merde, le traquenard : moi qui m’attendais à un groupe super organisé et
plein d’idées, je tombe, encore une fois, sur une bande de marlou qui veulent
changer le monde en discutant à cinq dans une resto climatisé ! Comme si
j’avais pas assez d’emmerdes comme ça avec les décroissants, pour en plus me
taper des AMG, en Guadeloupe de surcroit !!&lt;br /&gt;
Mais je finis par en apprendre un peu plus sur l’historique du groupe. Après
des débuts difficiles, un évènement a largement contribué à leur notoriété : la
grève du LKP, dite “générale” (au grand damn de ma cousine qui m’assure qu’au
moins elle ne faisait pas grève...). Une période bénie où plein de gens se sont
mis soudain à réfléchir, et à vouloir partager le précieux fruit de leurs sages
réflexions avec autrui. Rien de tel qu’un blocage de syndicaliste pour que les
gens ouvrent leur gueule. Au plus fort de leur audience, ils ont accueilli
jusqu’à 300 personnes le jour où Mermet en personne s’est pointé pour dire
bonjour et célébrer la révolution populaire tropicale, un exemple pour toute la
nation. Tout le monde était pas forcément d’accord, mais bon, c’est Mermet, il
bosse à la radio publique, il doit avoir raison.  Puis, les effectifs ont
fondu comme un sorbet coco à la plage un dimanche. Pour en arriver finalement à
ces quatre irréductibles...  Mais j’ai appris aussi que, comme chez les
Objecteurs de Croissance, et sans doute comme dans toutes les organisations
alternatives, certains membres avaient tenté de profiter du mouvement pour
acquérir une notoriété personnelle... Pas joli joli tout ça. &lt;br /&gt;
Ceci-dit, je suis ravi lorsque, un jus d’orange-pays et quelques minutes plus
tard nous rejoignent quatre autres personnes, deux hommes et deux femmes, dont
une fort séduisante prof d’histoire, tous aussi blancs que moi voire plus...
Nous voilà donc neuf sympathiques AMG, dont la moitié issus de... l’éducation
nationale, sans blague, et tous blancs sauf une, métisse, qui s’avère en fait
être Vénézuélienne, et sauf moi, mais ça ne se voit pas trop à l’image. Le
débat du jour : la centralité du travail... Très instructif.  Lorsque je
me présente en tant que sympathisant des objecteurs de croissance, l’accueil
est plutôt chaleureux. Le sujet est même abordé à plusieurs reprises pendant le
débats  et  quelques participants viendront même me tenir la jambe
(ti-punch aidant) par la suite pour approfondir le sujet.&lt;br /&gt;
Encourageant à première vue, sauf que... ça reste une bande de blancs ! Et
n’imagine même pas intéresser un antillais sur le sujet si c'est un blanc qui
parle...&lt;br /&gt;
En fait, on se retrouve face à un dilemne : la meilleure façon de rassembler du
monde autour de l’idée de décroissance serait de voir dans le milieu métro, où
ils seront clairement plus réceptif. Sauf que plus y’aura de métro à l’initial
du mouvement, plus le mouvement sera stigmatisé comme un mouvement de “blancs”
et après tu peux oublier d'y intéresser qui que ce soit en dehors de ce cercle,
sauf des gens vraiment ouverts d'esprit, mais c'est pas la spécialité du coin.
T'auras beau être super informé sur le sujet, si t'es noir, tu viendras jamais
t'incruster dans un groupe de dix ou vingt blancs. ça me parait improbable.
Mais j'espère me tromper.&lt;br /&gt;
La seule solution serait d’impliquer des antillais dès maintenant, c’est à dire
à l’origine du mouvement local, et tant qu'on n'est pas trop de blancs. Mais de
mon point de vue, c’est vraiment mission impossible... Ici, les enjeux
fondamentaux sont liés à l’exploitation, à la négritude, à l'esclavage et au
colonialisme. Tous les militants du coin se battent sur ces fronts là. Et ça
demande déjà un temps fou. Alors de là à s'attaquer à des sujets plus
&amp;quot;universels&amp;quot;... Disons qu'ils n'ont ni l'envie, ni le temps. Leur survie passe
d'abord par résoudre la ségrégation et l'injustice raciale. J’ai comme
l’impression qu'aucun enjeu universel ne pourra être abordé sans que ces
problèmes là ne soient résolus, et on en est vraiment loin. Le seul axe
d’approche est de lier les problématiques locales d'exploitation à des
problématiques plus universelles. Mais encore une fois, seul un penseur noir
peut faire cela. Si c’est un blanc, il sera accusé de vouloir minimiser les
problématiques locales et de vouloir interdire au noirs le progrès et le
confort de la modernité... Toujours la même rengaine quoi.&lt;br /&gt;
Mais ça reste mon point de vue actuel. Je poursuis mon enquête pour y voir plus
clair... hum, sans jeux de mots, promis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après le débat, on sert le ti-punch. A midi oui.  Et alors ? ça te pose un
problème, métropolitain ?! J’avais même oublié qu’ici quand tu commandes un
ti-punch, on t’ammène le citron, le sucre, la bouteille et tu te sers. En gros
tu prends le ti-punch à ta dose habituelle, on te fait confiance pour ne pas te
resservir abusivement. Prix : 2euros. Si si, tu as bien lu, lecteur. 
Bref, un matinée plutôt sympathique, où l’on se rend compte que l’objection de
croissance est arrivée jusqu'ici... mais vu tous les 4x4 en circulation ça va
vraiment pas être simple cette histoire...</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.bouddhas-egoistes.net/post/2010/02/11/Une-journ%C3%A9e-blanche-et-s%C3%A8che...#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Cahier d'un retour au pays natal... complètement pourri !</title>
    <link>http://blog.bouddhas-egoistes.net/post/2010/02/08/Cahier-d-un-retour-au-pays-natal...-compl%C3%A8tement-pourri.</link>
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    <pubDate>Mon, 08 Feb 2010 01:49:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Balou</dc:creator>
            
    <description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;D'abord y'a eu l'histoire du marché.
Franchement, qui aurait pu prévoir que le dimanche à 7h30 du matin, juste
devant chez mon frère à Saint-Ouen, y'a un gros marché qui s'installe? Ben
peut-être mon frère justement... sauf que le dimanche il est rarement levé à
cette heure-là. Du coup impossible de se garer devant l'immeuble, on se tape la
moitié de la rue, les sept bagages lourdes comme des sacs de briques, jusqu'à
la voiture de Flo et Swan, qui eux sortent à peine de soirée pour gentiment me
livrer à l'aéroport.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Bon, passe encore. S'il n'y avait eu que ça, je
m'en serais bien sorti.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J'embrasse mon frère, je lui fais les
recommandations d'usage sur la vie, l'argent, les femmes et tout... Je saute en
voiture et on file jusqu'à Orly. ça aurait pu être Roissy, peste Flo au volant,
de Saint-Ouen c'est quand même plus pratique, mais non, c'est Orly Sud. Pas
grave, on fonce, personne sur la route, le jour se lève révélant un grand
soleil d'hiver pour m'accompagner en ce jour faste. ça y'est, aujourd'hui c'est
la bonne : je quitte Paris pour de vrai! Et la météo est de mon côté! Arrivé à
l'aéroport, largement à temps, je m'insère avec mon chariot dans la file
d'enregistrement des bagages et j'essaye de repérer des bonnes gueules pour me
délester de quelques kilos : en gros, un pigeon sympathique qui voudrait bien
prendre une de mes valises pour m'éviter la surtaxe. J'aperçois juste devant
moi un jeune couple super roots avec deux sacs de rando même pas pleins (à vue
d'oeil, un maillot un tee-shirt et un masque-tuba tout au plus). Je m'approche
:&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;Vous allez à Pointe-à-Pitre?&amp;quot;.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img title=&quot;guadeloupe.gif, fév. 2010&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.bouddhas-egoistes.net/public/.guadeloupe_m.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;    &amp;quot;Non, à Saint-Martin&amp;quot;.
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Merde, c'est raté, ils s’arrêtent à l’escale.
Pourtant ils étaient parfaits eux, typiquement le genre qui accepteraient de
filer un coup de main à un pauvre type en galère comme moi. Je regarde derrière
moi, une vieille dame avec 3 valises : même pas la peine d’essayer. Et le
reste des passagers est à l'avenant.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La file avance lentement, je suis à cours
d'idées. J'entends alors la jeune femme au comptoir lancer à un client &amp;quot;De
toutes façons, on ne prend pas plus de 3 bagages maintenant, c'est la règle&amp;quot;.
Je regarde dépité mon caddy qui déborde avec ses 7 sacs agglutinés : ça passera
pas, c'est sûr. Dernière chance, la vieille dame derrière moi a été remplacé
par une femme, certes classique, mais avec une unique valise. C'est ma chance.
Je m'approche, et de ma voix la plus suave et implorante je lui murmure &amp;quot;Dites,
madame, j'ai peur d'avoir un gros surplus. Vous voudriez pas me prendre
une...&amp;quot;. Elle ne me laisse pas terminer : &amp;quot;Ah, non, non, non.&amp;quot; et elle tourne
la tête pour m'éviter. Dix années de plan vigi-pirates auront eu leur effet sur
la française moyenne, je me dis. Mais à bien y réfléchir, je ressemble plus à
une dealer de drogue qu'à un terroriste afghan. Quoiqu'un peu des deux en
fait...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il me reste plus qu'à séduire la jeune femme du
comptoir Corsair. J'arrive à sa hauteur, je lui fais un grand sourire embêté. A
son visage désespérément professionnel, je vois tout de suite que la carte
séduction ne va pas marcher... Je tente tout de même de lui expliquer mon cas :
retour au pays, vingt ans d'absence, à peine quelques vêtements de rien du
tout, mon matériel vidéo hyper fragile, jamais entendu parler de la règle des 3
bagages...blah, blah... Bref, elle s'en fout. On pèse les bagages une à une.
Total : 76Kilos ! Contre 40 tolérés. Je suis mort. Après quelques secondes
interminables, elle m'annonce le verdict : 540euros ! Et en plus je dois
abandonner un sac... Je m'insurge vertement :&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;Quoi? Comment ça? Mais je croyais que c'était
15euros par valise supplémentaire!&amp;quot;;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;Ah, non monsieur, vous avez mal lu, c'est
15euros par kilos supplémentaire&amp;quot;. Oups, erreur d'Abel en votre faveur!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;Mais alors je fais comment moi ?&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;Ben vous laissez des valises ici&amp;quot;.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je tergiverse, je me lamente, je m'effondre, ça
dure des plombes, et y'a encore dix personnes après moi qui s'impatientent. Je
me retourne vers la dame-à-une-seule-valise derrière moi avec des yeux qui
disent &amp;quot;Si tu veux passer un jour, tu ferais mieux de me prendre une valise
toi&amp;quot;, mais elle reste de glace. Finalement, l'hôtesse m'indique que je peux
tenter de passer par le &amp;quot;frêt&amp;quot; mais faut que je me magne parce que
l'embarquement est dans 1h30. Elle pouvait pas le dire avant, bordel ?? Je lui
laisse donc deux bagages au hasard, ça fait pile 39kilos, et je cours avec le
reste des sacs, plus que 5, rejoindre Swan et Flo: &amp;quot;Urgence, faut qu'on file au
frêt!&amp;quot;. On reconnaît les bons amis à leur capacité à réagir à l'urgence sans
poser de questions. Swan m'en pose dix: &amp;quot;Mais pourquoi ?&amp;quot;, &amp;quot;T'es sûr que c'est
la seule solution?&amp;quot;, &amp;quot;T'aurais peut-être dut y penser avant non ?&amp;quot;, &amp;quot;Et c'est
où le frêt?&amp;quot;...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Evidemment, le &amp;quot;frêt&amp;quot; c'est à l'autre bout
d'Orly! Hop, on saute dans la caisse et... Euh, non, en fait, d'abord on
slalome comme on peut entre ces abrutis de voyageurs qui se croient chez eux
dans le hall A, puis on attend l'ascenceur au moins 78 longues secondes, on
laisse descendre les trois familles au sourire débiles qui prennent tout leur
temps (ils ont des têtes à être en avance de trois heures ceux-là), on
s'enfonce dans la cage, on appuie sur le bouton parking, on attend au moins
14secondes que ça ferme, on arrive au -1, on fait encore la queue pour payer,
on court dans le allées glissantes, on recharge la voiture, on envoie le
chariot valdinguer et on crisse les pneus pour sortir de ce putain de
labyrinthe.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ouf, on est dehors. On suit le panneau jaune
avec écrit &amp;quot;Zone de Frêt&amp;quot; dessus. Jusqu'ici ça se présente bien, tout droit
puis à gauche, puis tout au fond, comme l’a indiqué l’hôtesse... Mais on finit
par arriver dans une impasse qui ressemble plus à une zone industrielle à
l'abandon qu'à une zone commerciale. Le gros panneau vert &amp;quot;Accueil&amp;quot; nous envoie
sur... une sorte de décharge de conteneurs rouillés. On finit par trouver un
bâtiment raisonnable, on frappe partout aux fenêtres, aux portes, mais y'a
personne. D'ailleurs, y'a pas une seule voiture sur le parking. &amp;quot;C'est
peut-être parce qu'on est dimanche&amp;quot; nous crie Flo de la voiture... Hum. No
comment, Swan et moi on accepte l'évidence sans dire mot et on revient sur nos
pas.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Allez, inutile de s’entêter, on laisse tomber,
j'abandonne mes deux valises à Paris, qu'importe ce qu'il y a dedans, faut
vraiment que j'aille embarquer là.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Flo nous ramène au hall A en moins de deux
comme si elle avait maté une redif de Bullit la veille... Une bise chacun, même
pas le temps de verser une larme et hop, je vole, avec un sac sur le dos, un
sac dans chaque main un petit dernier en bandouillère. Tout le monde doit
croire que j'ai dut oublié d'enregistrer mes bagages...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J'arrive au début de la queue et j'entends une
voix au micro qui annonce : &amp;quot;En raison de l'affluence exceptionnelle, veuillez
prévoir 1h30 d'attente à l'embarquement.&amp;quot; Tiens, ça tombe mal, il me reste à
peine 40 minutes avant le décollage. Note pour plus tard : ne plus jamais
prendre l'avion le dimanche. (Note pour les amis décroissants : ne plus jamais
prendre l'avion tout court.)&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je m'engage donc dans la queue composées
majoritairement de groupes de vieux touristes en partance pour Le Caire ou
Marrakech. Ils sont tout sourire, sereins, contents de partir. Moi je suis
complètement stressé, en speed, et transpirant sous les bras chargés comme un
mulet. Ça avance tout de même, mais c'est long. Pour ceux qui prennent rarement
l'avion, notez qu'il y a désormais trois grandes &amp;quot;étapes&amp;quot; de queue dans les
aéroports de Paris : la queue du contrôle des billets, la queue du contrôle des
passeports, et la queue du contrôle des bagages. Vous avez dit société
sécuritaire ? Et c'est sans compter la queue de l'enregistrement et celle
pour monter dans l'avion. Entre chaque queue, un étage ou un couloir, de sorte
que chaque nouvelle queue est comme une heureuse surprise pour le passager
hyper-préssé que je suis...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dans la queue du contrôle des passeports, un
couple de gros cons commentent à haute voix leur indignation de voir un type
embarquer avec quatre bagages à main, pas moins. &amp;quot;Deux passe encore, mais
quatre. Y'a vraiment des gens qui se croient tout permis.&amp;quot; J'ai pas le courage
de les injurier. Mais je suis compréhensif, ça doit pas être facile tous les
jours d'avoir eu des parents collabo.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Heureusement, une file s'ouvre à gauche, je
double au moins vingt personnes d'un coup. J'imagine les remarques acerbes des
gros cons.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais c'est pas fini, je fais moins de cinq
mètre pour me retrouver engagé dans la troisième queue, encore plus longue :
celle du contrôle des bagages. De l'autre côté de la foule, j'entrevois une
rangée d'environ quinze plateaux de fouille, alignés comme les caisses d'un
« Supermarché de la sécurité anti-terroriste ». Une unique file en
accordéon mène au bout de la rangée de caisses où un héraut en uniforme bleu
égrenne des numéros à haute voix : &amp;quot;Cinq&amp;quot;, &amp;quot;Quatorze&amp;quot;, &amp;quot;Six&amp;quot;, &amp;quot;Deux&amp;quot;, indiquant
ainsi à chaque passager la caisse où il doit se rendre. Par moment, il affirme
son autorité d'une dérisoire main tendue signifiant au prochain voyageur
d'attendre une moment le temps que les plateaux se désengorgent. Pendant toute
la durée de la queue, je m'attends à tout moment à ce que quelqu'un, je ne sais
pas moi, un agent en civil par exemple, me demande d'abandonner un de mes sacs.
Je guette les autres passagers pour voir si j'ai pas un collègue mulet parmi
eux, ça me rassurerait, mais non, ils ont tous soit le petit sac-à-dos Quechua,
soit la petite besace en cuir qui va bien ou le sac-à-main Xuly Bêt... Je suis
complètement parano, j'ai l'impression que tout le monde me juge du regard :
&amp;quot;Oh là là, il est fou lui, il va se faire chopper.&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le héraut m'indique la caisse n°5, je m'exécute
sans broncher. J'arrive tout transpirant au contrôle. Le type me regarde, puis
regarde mes sacs.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;Vous êtes journaliste, c'est ça ?&amp;quot;.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je bredouille : &amp;quot;Oui, enfin, non, mais
presque&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;Déballez tout le matériel électronique s'il
vous plait&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Argh ! La misère ! ça va prendre la journée.
Surtout le sac où j'ai mis tous mes câbles en vrac... Je déballe tout, ça me
prend trois minutes en fait. Et toujours aucun agent pour remarquer le nombre
de sacs que je porte à moi tout seul... Je passe le portique électronique. Le
type ne dit rien. Je récupère mes affaires à la sortie, je remballe tout.
Toujours rien, aucune remarque, même pas un regard en biais. Je suis passé !!!
Victoire sur les gros cons !! J'ai passé le contrôle avec quatre sacs !! Contre
un seul autorisé officiellement. Abel : 1. Gros cons : 0&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais ne nous attardons pas trop tout de même,
j'entends déjà la voix dans le micro qui précise à ceux que ça intéressent que
c'est le &amp;quot;Dernier appel pour le Vol Corsaire 876 à direction de
Pointe-à-Pitre&amp;quot;. Je panique pas, mais je m'active quand même. Le temps de
vérifier sur l'écran le numéro du quai d'embarquement... C'est le 26. ça aurait
put être le 5, ou même le 12, j'aurais rien dit. Mais non, c'est le quai n°26,
le dernier, à l'autre bout de l'aéroport. Je lâche un gros : &amp;quot;Putain de
merde&amp;quot;.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C'est le moment de courir. Entre les flâneurs,
les amateurs de duty-free et les voyageurs qui débarquent tranquilles, je file
avec mes sacs de merde qu'à cet instant précis je déteste. Je croise un stewart
de Corsair qui cherche justement les derniers passagers du vol. Je dis &amp;quot;Moi,
moi!&amp;quot;, dans l'espoir qu'il ait peut-être une petite fourgonnette électrique
pour nous amener jusqu'au bout du bâtiment. Il me répond &amp;quot;Et ben dépêchez-vous,
vous êtes en retard&amp;quot;. Merci du tuyau mon gars ! J’accélère.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Finalement j'arrive au quai en question. Je
tends, victorieux, ma carte d'embarquement à l'hôtesse, puis je traverse la
passerelle, soulagé mais toujours un peu tendu. Arrivé dans l'avion, je pose
mes sacs devant l'hôtesse pour reprendre mon souffle. Elle me regarde avec ce
qui ressemble à une once de pitié (pour autant qu'une hôtesse de l'air de
classe Alizée puisse connaître ce sentiment) : &amp;quot;Ne vous réjouissez pas trop
vite, votre place est tout au bout de l'appareil.&amp;quot; Putain mais c'est vraiment
pas ma veine aujourd'hui. Je traverse donc tout l'avion en crabe avec mes sacs
énormes, en bousculant la moitié des passagers. Et généralement les antillais
savent bien te faire sentir quand tu les déranges... Aaah, y’a pas de doute, ça
y'est, je me sens déjà chez moi!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Coup de pot, les trois places à côté de moi
sont vides, et la place de l'autre côté du couloir est prise par une jolie
jeune fille. Finalement, ça pourrait bien se terminer, tout ça. Je trouve une
place dans les casiers à droite à gauche pour installer mes sacs, puis
m'enfonce au fond de mon siège pour tenter de faire redescendre la tension. Pas
évident. Le coup des deux bagages restées à Paris me met en rogne, d'autant que
j'ai une idée plutôt floue de leur contenu. Mes chemises à fleur ? Mes shorts ?
Mes tongs ? ou pire, tous mes caleçons ? La perte peut s'avérer très ennuyeuse
à court terme ! Il me faudra quelques heures pour accepter qu'en fait on s’en
fout de tout ça, ce ne sont que des objets. En Guadeloupe, un short et un
tee-shirt et on vit déjà très bien…&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'avion décolle finalement avec 40 minutes de
retard. J'étais loin d'être le dernier passager (pour une fois). Je suis encore
dans un état de colère vague et indéfinie, même si les sourires de ma voisine
contribuent à me remonter le moral.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A peine une heure de vol, et le repas est
servi. A vue d'oeil c'est dégueulasse, mais j'ai faim, et j'ai rien pensé à
prendre dans mon sac, heureusement pour lui d'ailleurs. J'ouvre la tablette sur
le siège devant moi mais le bras droit du mécanisme est cassé. Je pose mon
repas en équilibre sur l'accoudoir pour essayer de réparer ça tandis que je
réponds au stewart qui me presse pour savoir ce que je bois. Je lui demande un
coca, il me tend un verre de pepsi, au lieu d'une mini-canette comme je les
aime bien (mais c'est finit l'époque où je prenais Air France pour voyager...).
Toujours impossible d'arranger la tablette, je pose donc mon verre de pepsi, et
j'ouvre la tablette du siège d'à côté... et vlan, le verre entier de pepsi
s'étale sur mon treillis et une partie de ma chemise. Je regarde en une seconde
le tissu boire goulûment le liquide marron. Je suis trempé, exactement comme si
je m'étais pissé dessus. Les vieux cauchemards d'enfant me reviennent à
l'esprit. Autour de moi, tout le monde est affairé à servir ou à être servi. Ma
voisine est la seule à avoir été témoin de l'accident. Elle me regarde avec
pitié et une pointe d'amusement. Le pire des regards…&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A cet instant je suis hors de moi. J'attrape le
stewart pour qu'il fasse quelque chose, après tout c'est sa tablette de merde
qui était cassée et c'est son putain de pepsi qui m'a trempé. Il court en
cabine pour me ramener... une pile de serviettes en papier, puis il se remet au
service. J'ai compris. Je suis tout seul sur ce coup. J'ai du mal à y croire,
ce genre de truc ne m'arrive jamais. Et bien sûr, pas un seul pantalon de
rechange en vue : dans mes sacs, y'a des caméras vidéos, des micros
hyper-sensibles, des câbles à la con, mais pas de putain de pantalon de
rechange. Je m’imagine déjà passer toute la durée du vol, près de dix heures
avec l’escale, le cul trempé. Je suis vraiment dépité, je me sens au bout du
rouleau, la fatigue suite à mes deux heures de sommeil de la nuit, le stress de
l'embarquement, la perte de mes valises, c'est trop pour moi, je flanche, ma
tête s'affaisse, le front au creux de ma main, j'abandonne... Je veux
disparaître très très loin...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Oh, puis non. Je me retourne vers ma voisine,
et lui lance &amp;quot;Retourne toi, je vais me déshabiller&amp;quot;. Elle sourit.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J'enlève mon pantalon trempé, puis ma chemise
sous laquelle j'ai heureusement l'habitude de porter un tee-shirt.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J'étale le tout sur les sièges à mes côtés,
histoire de faire sécher. L'air des avions est très sec, ça devrait
marcher.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je m'enveloppe ensuite de mon écharpe rouge que
je me souviens avoir choisi expressément de la largeur d'un châle, justement au
cas où.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et me voilà presque à poil (pour les standards
en vol), vêtu d'un simple paréo rouge et d'un tee-shirt noir, assis en tailleur
au centre d'une rangée de sièges vides, en train de lire &amp;quot;La Décroissance&amp;quot;...
L'image est cocasse. Je me tourne vers ma voisine pour lui indiquer d'un
sourire qu'elle peut désormais se retourner. Mais ça fait bien longtemps
qu'elle m'observe, et aucune pitié dans son regard cette fois, je la sens
plutôt charmée : en quelques secondes je suis devenu à ses yeux le type de la
laverie dans la pub Levi's, les abdo en moins...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mon ego est quelque peu regonflé, mais je n'ai
pas retrouvé le niveau d'énergie d'avant mon départ. Pour me rassurer, j'essaye
de trouver un &amp;quot;sens&amp;quot; à tout ça. C'est plus fort que moi, je n'aime pas
l'injustice du hasard. Et je veux me convaincre que tout cela n'est pas le
signe d'un choix erroné de ma part de vouloir rentrer aux Antilles. Alors je me
dis qu'en fait, Paris a les boules de me voir partir, du coup elle fait tout
pour me mettre des batôns dans les roues, une dernière fois, pour la forme.
C'est de bonne guerre. Je ne lui en veux pas, je garde confiance.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cinq heures et deux films français débiles plus
tard, mon pantalon est sec. A peine le temps de me rhabiller qu'on est déjà
sous le ciel bleu Klein de Pointe-à-Pitre en fin d'après-midi. En débarquant,
j'ose enfin adresser la parole à ma voisine. J'apprends qu'elle aussi vient
passer son chômage en Guadeloupe... Je lui réponds : &amp;quot;Sans blague, moi aussi,
c'est diiinnngue !&amp;quot;. Mais ce sera mon dernier mot car je finis par la perdre
dans la foule et on ne se reverra plus...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dans le hall d'arrivée, je suis ravi de renouer
avec un bon vieux chariot, tout rouillé qu'il soit. J'y pose mon barda et part
à la recherche d'une place près du tapis roulant. Tout va bien, je me roule une
clope en prévision de ma sortie imminente, j'aperçois ma mère sur la passerelle
d'accueil. On se fait des signes qui veulent rien dire, mais on se
comprend.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Vingt minutes plus tard, ma première valise
apparaît, suivie de la seconde, celle qui pèse 29Kilos à elle toute seule. Je
pose tout ça sur le chariot, me dirige nonchalamment vers la sortie, espérant
secrètement retrouver ma voisine dehors. Plus qu'un mètre et je passe la porte.
J'aperçois déjà les visages impatients de parents ou d'amis de mes compagnons
de route, lorsque, sortie de nulle part, une douanière m'interpelle sans
ménagement.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;Monsieur, monsieur, par ici s'il vous plait.
Vous avez quelque chose à déclarer ?&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Sans réfléchir, je lui réponds que non, je vois
pas trop. Elle regarde mes sacs et me demande ce qu'il y a dedans. Je lui
précise qu’il s’agit de matériel vidéo, rien de plus.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;Oula, on va aller s'installer dans la pièce et
vous allez me montrer tout ça, hein. Suivez-moi.&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pas de souci, je ne suis pas difficile, je la
suis dans une pièce à cet effet, où je rentre avec mon chariot. Une collègue
tout aussi « charmante » que la première, nous rejoint.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;Bon alors, on va regarder tout ça. Vous allez
m'ouvrir tous les sacs, un par un.&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;Quoi ? Vous rigolez, y'en a pour toute la
nuit.&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;Ben on prendra toute la nuit s'il le faut,
allez, commencez par la valise&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je pose ma valise en carton sur la table, je
l'ouvre des deux clics à l'ancienne, et, hop, magique, une magnifique boîte
toute neuve y est confortablement installée, attendant juste la douane pour
révéler toute sa richesse. Effectivement, je venais d'acheter une &amp;quot;cage à
vent&amp;quot;, c'est à dire une espèce de grosse saucisse en plastique qui permet de
faire des prises de son même en plein vent. Pas moyen de lui faire croire
qu'elle était d'occaz celle-là. Je sens le sourire qui peine à s'esquisser sur
son visage de vicieuse. Elle me pose les questions d'usage, en alternance avec
sa copine.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;C'est quoi ça?&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;C'est neuf?&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;Ça coûte combien?&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;Vous avez une facture?&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J'ai tellement l'habitude de passer la douane
d'ici sans problème que je ne me méfie pas. A vrai dire je ne connais même pas
les lois, alors même que ma famille est transitaire en douane... La honte. Dans
mon monde idéal, un pauvre type hirsute qui rentre chez lui pour créer sa
petite boîte solo et faire des films locaux, envers et contre toute probabilité
de réussite, ben on lui doit un minimum de respect. Même qu'on l'accueille les
bras ouverts, avec l'espoir qu'il fasse peut-être quelque chose d'utile pour le
pays. Qui sait, peut-être même dépensera t’il le pactole de sa prime de
licenciement sur place, hé... &amp;quot;Entrez, entrez, Monsieur Bichara, vous êtes ici
chez vous!&amp;quot; Voilà ce qu'elles auraient dû me dire les deux pouffiasses de mes
deux. Au lieu de ça, quand je précise mon nom, l'une d'elles se tourne vers moi
le regard perçant, et répète &amp;quot;Ah, Bichara...&amp;quot;. Sous-entendu : &amp;quot;Je connais ce
nom là, encore un riche héritier d'une famille de profiteurs libanais...&amp;quot;.
J'aurais dû m'en douter: on n'échappe pas à sa lignée simplement en passant
vingt ans en métropole. Ce serait trop facile.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ma naïveté légendaire associée à mon incapacité
à contredire l'autorité (j'en parlerais à mon psy d'ailleurs...), fait que je
retrouve la facture de l'objet suspect au fond d'une chemise en plastique. Elle
aurait pu être dans un de mes sacs abandonnée à Paris. Non, elle est bien là,
dans mon sac à dos, prête à se faire remettre de mes propres mains de
traître.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La bonne idée, c'est que sur cette facture, il
y avait également une autre accessoire et le sac-à-dos spécial pour ma caméra,
qui coûte un bras dois-je le préciser.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pour les filles c'est le pactole. Je leur
demande si ça pose souci. Elle me rassure en me précisant qu'il y a un
franchise de 800euros donc ça va... Mais j'avais eu le malheur de leur dire que
tout ça, c'était le matos de mon entreprise individuelle. Le temps de la
réflexion et l’une d’elles se ravise : &amp;quot;Mais pour vous ça ne s'applique pas
puisque c'est pour votre entreprise&amp;quot;. La salope. Je la hais. J'essaye de lui
demander à combien peut bien se monter la taxe, mais elle refuse de me répondre
et m'invite, si on peut dire, à ouvrir mes autres sacs.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je range donc comme je peux ma valise, que je
referme de force. Je sors mon sac caméra, mais là mon matos est visiblement
trop vieux pour être éligible à la taxe. Malgré cela, la copine vicelarde
essaye tout de même de me piéger &amp;quot;Et ça, ça sent le neuf dites-moi!?&amp;quot;. Oui,
bien sûr cocotte, essaye encore.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C'est le tour du gros sac : 29kilo de bouquins
et de fringues, dont quelques caleçons sales. La fureteuse enfile ses gants de
plastiques, le genre de gant avec lesquels on fait les toucher rectals. Je
serre les fesses, mais c'était une fausse alerte : elle se lance dans une
fouille complète de mon sac. Elle feuillette tous les livres, tâte mes
chaussettes roulées en boule, ouvre tous les tubes de ma trousse de toilette...
Pendant ce temps, elle me pose des questions sur mes habitudes de
consommation... de drogue!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;De fraudeur, je suis désormais passé dealer de
dope. Imagine un peu le gars qui, non content d'essayer de faire passer du
matériel vidéo en contrebande, s’amuse à transporter en plus une cargaison de
coke sur lui pour arrondir les fins de mois et fournir en rails les fêtes de
fin de tournage... Faudrait être con.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais il s'avère qu'elle me croit encore plus
con que ça... En fouillant ma blague à tabac, elle me demande, tout à fait
sérieusement :&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;Vous avez de l'herbe sur vous?&amp;quot;. J'éclate de
rire, intérieurement du moins.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;Euh, la réponse est non, faudrait vraiment
être... pas très malin... pour ramener de l'herbe... DE la métropole,
non?&amp;quot;.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Elle fait semblant de ne pas percevoir la
stupidité de sa question, puis elle se rattrappe : &amp;quot;De la résine alors?&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;Pardon ? De quoi ?&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;De la résine de cannabis ?&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;Ah, du shit! Non, pas de ça non plus.&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;Vous fumez?&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;Oh, plus depuis longtemps.&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;Alors vous avouez que vous avez fumé ?&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;Quand j'étais jeune, oui.&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;Et c'était quand votre dernier joint?&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A l'intérieur je pense :&amp;quot;Samedi dernier, chez
Swan&amp;quot;, mais en vérité je répond sans éclat &amp;quot;Y'a plus de dix ans&amp;quot;. On n'est
jamais assez prudent.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A ce moment là, elle tombe sur mes cachets
d'aspirine, que j'ai l'habitude de mettre dans une boîte de pellicule photo
pour faciliter le transport.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;Et c'est quoi ça monsieur.&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;Des aspirines&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;Ça ressemble pas à des aspirines.&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;C'est marqué dessus pourtant.&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;Et celui-là, le gros, c'est quoi?&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;Euh, sans doute un efferalgant 500mg&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;Non, impossible, les efferalgants n'ont jamais
cette forme&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ok, c'est bon, j'abandonne, espèce de
charognarde. Continue de jouer toute seule.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Une fois déballés, fouillés, puis remballés la
totalité de mes sacs, c'est à dire au bout de quarante minutes, les deux
gendarmettes m'escortent vers un second bureau. Je suis bon pour passer à la
caisse. Là, elles me font patienter quelques minutes, non sans en profiter pour
me faire un fouille corporelle, par un mec cette fois. Rien dans les
chaussettes non plus.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Puis entre un grand type, un cowboy à l'allure
plutôt sympathique au premier abord. Je dis bien au premier abord. Ce type,
c'est le receveur de taxe. En l'occurrence, l'octroi de mer. Son boulot:
calculer le montant de taxes à payer par les contrevenants, évaluer l'amende
envisageable, le tout en se référant à un document de vingt pages récapitulant
le taux applicables par type de produit. La difficulté majeure de ce labeur
étant de retrouver la référence du produit suspect dans la longue liste fournie
par la préfecture régionale puis de rentrer les chiffres et les taux dans la
calculatrice pour en faire un montant en euros. Ce type est très appliqué à la
tâche. Il tente d'abord de comprendre à quoi sert mon objet bizarre. De mon
côté, je tente de lui expliquer. De guerre lasse, je lui résume qu'il s'agit
d'un &amp;quot;Accessoire vidéo&amp;quot;. Ayant des difficultés à trouver la référence dans son
listing, sa collègue lui indique qu'il pourrait chercher sur l'outil
informatique à cet effet, ça irait plus vite. &amp;quot;Tu es folle ma chère, si je
cherche sur Rita, je vais lui casser les reins au pauvre monsieur, les taux
sont toujours plus élevés que sur le listing&amp;quot;. Il essaye de me dire qu'il me
fait une fleur, mais je pense plutôt que c'est loin d'être un as en
bureautique...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A plusieurs reprises, ils me font sortir du
bureau pour discuter entre eux à mon sujet. De quoi ? Aucune idée. Il finit par
rédiger le procès-verbal et l'amande, pour lesquels il me demande mon adresse.
En dernier espoir, j'indique alors l'adresse de mon oncle Louis Collomb,
notable du coin, qui a plutôt le bras long, espérant à moitié que le type
ravale alors sa salive, de travers de préférence, et se lève pour s'excuser
platement de m'avoir importuné, pour finir par m'inviter à passer le bonjour à
Mônsieur Collomb... Au lieu de ça, il bute sur son nom : &amp;quot;Deux L ? Avec un B à
la fin? &amp;quot;. C'en est fini. C'était ma dernière carte. Si ce type ne connaît même
pas Loulou (le petit nom de mon oncle), alors je suis bon pour payer.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais à cet instant je ne sais toujours pas le
montant de mon &amp;quot;délit&amp;quot;. Le type a l'air plutôt sympa dans l’ensemble, et il a
semblé dire qu'il va me faire une fleur, je devrais m'en tirer pour pas trop
cher. J'attends une plombe dehors, avant que la pétasse du début me rappelle
sèchement. Je me pose devant le comptoir en attendant que le gars me donne un
prix...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;Bon alors, pour l'octroi de mer, vous êtes à
25% + 2,5%, donc ça va vous faire un total de 165euros, plussss... 150euros
d'amende.&amp;quot;.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Soit 315euros. La moitié du cout TTC du
matériel incriminé !! Je regarde le type sans dire un mot, les yeux m'en
sortent des orbites.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;Vous rigolez là?&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;Non monsieur, si je voulais rigoler, vous en
seriez pas là&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;Mais vous vous rendez compte que c'est la
moitié du prix du matériel?&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;Vous voulez que je vous taxe aussi sur votre
caméra ? Et tout le reste de votre matériel ? Parce qu'on peut faire ça aussi.
&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;Vous pourriez au moins enlever le sac-à-dos du
calcul. Vous taxez tous les gens qui ont un sac-à-dos neuf ??&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;Ecoutez, vous vous en tirez bien, ça pourrait
être vraiment pire.&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;50% de taxation et je m'en tire bien!? Ce type
se fout de ma gueule.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;Soit vous réglez maintenant et vous pouvez
partir avec votre matériel, soit on vous confisque les biens et vous avez une
semaine pour régler la somme.&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;Quoi? Vous voulez dire qu'il faut que je vide
tout mon matos pour vous laisser juste le sac ? Et où est-ce que je met tout ça
?&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pas de réponse. De toutes façon c'était pas une
vraie question. Je réfléchis une minute, vénère.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;Ok, on fait comme ça, je vous laisse tout, je
viendrais payer plus tard.&amp;quot; D'ici là, Loulou sera passé par là, on sait jamais.
Je commence à déballer mon sac-à-dos.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Sur ce, la pétasse lui fait un signe, il
m'ordonne de sortir un instant, puis me rappelle quelques secondes plus
tard.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;Ma collègue m'indique que vous avez du liquide
sur vous&amp;quot;.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Oui, la vipère avait effectivement trouvé une
enveloppe de 900euros dans la poche de ma veste.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;C'est pas parce que j'ai du liquide sur moi
que j'ai envie de vous payer tout de suite&amp;quot;.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A ce moment, le cowboy lève la voix :&amp;quot; Vous
savez qu'on peut faire une procédure pour vous intimer de payer tout de
suite.&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il est visiblement énervé :&amp;quot;Ne croyez pas que
je cherche à vous intimider, mais la loi nous autorise à vous faire régler
immédiatement si vous avez le montant sur vous...&amp;quot; Sur ce, il s'installe sur
l'ordinateur faisant mine de lancer la procédure.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je le regarde s'exciter, moi je suis fatigué,
j'en ai marre d'être là, ma mère m'attend depuis deux heures, j'abdique. Je
paye comme un gros con, je signe ses putains de papiers, je les quitte en leur
lançant un &amp;quot;J'espère vraiment ne jamais vous revoir&amp;quot; et je m'éloigne la queue
entre les jambes. Douane : 1. Abel : -315.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dehors, Anita m'attend encore plus en colère
que moi. Elle est au téléphone avec Loulou. Pendant tout ce temps là, personne
n'a daigné lui dire ce qu'il se passait. &amp;quot;Votre fils est majeur madame&amp;quot; fut la
seule réponse d'une des douanières... Je dis trop rien, je suis vané, je veux
juste rentrer chez moi, rien d'autre. J'ai rien demandé à personne, merde, je
rentre chez moi, c'est trop demander ???&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En sortant de l'aéroport, un panneau délavé
accueille le voyageur émerveillé : &amp;quot;Bienvenue en Guadeloupe !&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;EPILOGUE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On n'échappe pas si facilement à sa lignée...
La preuve en est que mon oncle Loulou, qui, entre temps, à eu tous les détails
de l'affaire, avait comme par hasard rendez-vous le lendemain même avec... le
directeur des douanes en personne, à l'occasion d'une réunion des transitaires
du département. Lui qui aime rien tant que rentrer dans le lard des
fonctionnaires trop zélés, il en a profité pour lui raconter mon histoire et
lui transmettre mon dossier de réclamation, devant l'oeil médusé des
transitaires qui s'accordaient tous pour dire qu'il s'agissait clairement d'un
abus de pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il s'avère que la taxation à 25% est parmi les
plus élevées, et que mon matériel se range plutôt dans une catégorie taxée à
7%. Par ailleurs l'amende elle-même a été calculée pour du matériel &amp;quot;prohibé&amp;quot;
et fortement taxé. D'autant que ma boîte étant domicilié en France, le matériel
devait être considéré comme temporairement sur le territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Bref, le cowboy l'a dans l'os. J'attends juste
la confirmation du remboursement pour aller lui mettre sous le nez. Il n'y a
pas de petite vengeance sur les salauds.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.bouddhas-egoistes.net/post/2010/02/08/Cahier-d-un-retour-au-pays-natal...-compl%C3%A8tement-pourri.#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>La bêtise de l'homme blessé</title>
    <link>http://blog.bouddhas-egoistes.net/post/2009/01/18/La-betise-de-l-homme-blesse</link>
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    <pubDate>Sun, 18 Jan 2009 16:21:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Balou</dc:creator>
            
    <description>&lt;p style=&quot;text-align: justify; font-weight: bold;&quot;&gt;La douleur rend con.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C’est comme ça, c’est la nature humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Lorsqu’un individu est blessé dans sa chair ou
dans son âme, il a statistiquement de fortes chances de devenir un peu con.
Voire parfois très con. Personne n’y échappe : ni moi, ni mon frère, ni ma
mère, ni mon boss, ni même le grand manitou qui dirige la nation (lui encore
moins que les autres...).&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;S’en prendre à ses proches, moralement ou
physiquement, exploiter ses semblables, manipuler ses pairs, envahir le
territoire voisin, accumuler de la richesse, tuer et blesser encore tout un tas
d’autres gens...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C’est comme ça que fait le con pour ne pas se
sentir tout seul dans sa douleur profonde...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C’est comme ça que l’homme blessé lave sa
blessure.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;img title=&quot;douleur.jpg, jan 2009&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.bouddhas-egoistes.net/public/douleur.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;D’ailleurs, on pourrait presque résumer
toute l’histoire de l’humanité à cela : des hommes (ou plus rarement des
femmes) blessés dans leur âme (comprendre “orgueil”) ou dans leur chair,
souvent par leurs propres parents, et qui passent le reste de leur vie à faire
les cons pour compenser...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cette théorie fonctionne autant pour les
individus que pour les ensembles d’individus, aussi appelés “peuples”.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Un peuple blessé dans sa chair ou dans son âme
(comprendre “fierté”) a de fortes chances de finir con.&lt;/p&gt;    C’est la triste histoire du monde.
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Néanmoins, pour qu’un ensemble de cons
individuels forme un peuple de cons, il est nécessaire qu’ils soient menés par
un ou plusieurs cons encore plus cons que les simples cons.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Appelons-les des “dirigeants”. Ces gars-là ont
pour particularité de ressentir de façon encore plus intense que les autres, la
blessure infligée à l’âme et la chair de leur peuple choyé ! Ils sont à fleur
de peau ces gars-là (comprendre très très très imbus d’eux-même) !&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En plus de la douleur de leur peuple, ils ont
souvent eux-même été blessé personnellement, par leur maman ou leur papa qui ne
les aimaient pas assez, ou ne le montrait pas assez, ou alors exigeaient d’eux
qu’ils soient très très forts alors qu’il n’avaient que 7 ans... Et si leur
maman et leur papa agissaient ainsi, c’est que eux aussi avait été blessé plus
jeune... ça remonte loin tout ça.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Donc ces gars-là, les dirigeants, non seulement
ils endossent toute la douleur de leur peuple, mais en plus et surtout, ils
portent leur propre douleur personnelle. &lt;strong&gt;Et pour compenser cette
douleur personnelle ils n’ont qu’un seul désir : devenir encore plus con que
les autres, devenir les rois des cons.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Car en tant que simples cons, ils pouvaient à
peine compenser leur douleur en blessant verbalement leur entourage, leur
femme, leurs gosses et peut-être leur voisin (sauf si il est plus costaud)...
ce qui est déjà vraiment con comme attitude. Toute tentative d’aller au delà
les aurait confronter à la police des cons (unité répressive formée de cons
pour éviter que les cons s’entre-tuent.)&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Alors qu’en tant que rois des cons, ils peuvent
compenser de façon beaucoup plus radicale : ils peuvent prendre le pouvoir sur
tous leurs pairs et décider de leur sort, ils peuvent accumuler de grosses
sommes d’argent qui les mettent à l’abri du besoin, il peuvent même jouer à la
gue-guerre avec des petits soldats. Tout ce qui leur était certainement
interdit par leurs papas et leurs mamans.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mieux : comme c’est les rois, ils peuvent même
décider d’agrandir leur château pour que leur pouvoir soit encore plus étendue
et qu’ils gagnent encore plus de sous, quitte à déborder un peu sur les
voisins...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Qu’importe d’ailleurs si le voisin n’est pas
d’accord puisque y’a toute une armée de simples cons pour les mettre au
pas...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le problème c’est qu’il ne faudrait pas
que les simples cons sachent que les rois des cons ne font ça que pour se
venger d’avoir été blessé par leurs papas et leurs mamans. Sinon, le simple con
ne suivrait pas. Faudrait pas le prendre pour un con non plus.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Du coup, les rois des cons font croire aux
simples cons que s’ils font tous ça, c’est évidemment pour éviter que le peuple
soit blessé à nouveau, voyons.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;“C’est pour le bien du peuple des cons qu’il
faut rester con” clament-ils dans leurs micros. Alors qu’en fait, c’est pour
leur bien à eux.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le pire c’est qu’à force de raconter ça
à tous le monde, les rois des cons finissent par croire eux-même qu’ils
agissent pour le bien des simples cons. Ils en oublient qu’au départ c’était
juste pour impressionner papa et maman...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais les simples cons, ils ont envie d’y croire
qu’il faut rester con, parce que leurs parents, et les parents de leurs parents
ont été blessés, et ça leur a fait très très mal. Tellement mal qu’il ont
transmis cette douleur de génération en génération. Du coup, pour les simples
cons d’aujourd’hui c’est comme si ça leur était arrivé à eux, et ils voudraient
naturellement éviter d’être blessé à nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais ils sont cons depuis tellement longtemps,
(ça remonte à leur première blessure) qu’ils ont oublié comment on réfléchis
quand on n’est pas con, c’est à dire “rationnellement”. Leur cerveau
d’homo-sapiens, déjà petit à la base, est coincé en mode d’urgence : “Argh,
argh, je suis blessé, je suis blessé, je dois réagir vite, vite”&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Plus aucun réseaux de raisonnement logique ne
fonctionne. Seul l’action compte. Ils pensent donc vraiment comme des cons.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ce qui arrange bien les rois des cons qui
savent très bien comment réfléchissent les cons puisqu’eux même sont vraiment
cons.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;D’ailleurs, réfléchir comme un con c’est très
simple et ça se résume à : “Si tu me tapes, je te tapes.”&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Parfois, ça se complique, mais très légèrement
: “Si A m’a tapé, je me rattrape sur B qui n’a rien demandé. Mais au moins ça
me fait quelqu’un sur qui taper.”&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il suffit alors aux rois des cons de définir
officiellement &lt;strong&gt;qui doit être tapé&lt;/strong&gt; pour compenser la douleur du
peuple de cons, pour que ce dernier se mette à la tâche sans réfléchir.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Car l’important pour le simple con ce
n’est pas de trouver qui est responsable de sa douleur à l’origine, c’est avant
tout de faire passer la douleur à quelqu’un d’autre.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le simple con, comme le roi des cons,
ne peut pas envisager une seconde que pour éviter d’être blessé il suffit de se
faire pote avec l’autre, et que pour arrêter d’avoir mal, il suffit de faire le
bien.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C’est bien souvent une logique trop complexe
pour un con qui a été blessé.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La douleur pousse le con à se cantonner aux
logiques animales les plus classiques, qu’on appelle également “bêtise”.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Alors le simple con ferme les yeux (pour ne pas
voir le sang) et les oreilles (pour ne pas entendre les cris) et il frappe, ils
frappe, ils frappe... sur tout ce qui est à sa portée. Comme l’ont ordonnés les
rois des cons.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Du coup, les rois des cons sont contents
parce-que ça fait de la place pour étendre le château et que papa et maman vont
être fiers dans leur tombeau.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les simples cons sont rassurés parce-qu’ils
n’ont plus à craindre d’être blessés et puis surtout, ils se sont débarassés de
leur douleur en la refilant au voisin.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Et quelques cons un peu moins cons que
les autres se retourneront sur ce qu’ils ont fait, et ils pleureront de
honte.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;La douleur dont le peuple de cons était
censés se libérer sera alors remplacée par une nouvelle douleur toute neuve,
plus complexe, plus insidieuse... mais qui ne les rendra pas moins cons pour
autant.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>My precious... TV !</title>
    <link>http://blog.bouddhas-egoistes.net/post/2009/01/03/My-precious-TV</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:00340369e169234466dfbf9470061a58</guid>
    <pubDate>Sat, 03 Jan 2009 20:45:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Balou</dc:creator>
            
    <description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Aujourd’hui, ça fait bientôt dix ans que je
n’ai plus de poste de télévision raccordé à une quelconque antenne.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Donc chaque fois que je surprend une télévision
en pleine activité, ronflant tranquillement dans son environnement naturel, je
suis à la fois fasciné et... atterré.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dans les temps anciens, lorsque régnait
l’imposante espèce &amp;quot;cathodique&amp;quot;, on les retrouvait principalement dans les
salons, sagement installées au centre de la pièce, tous les fauteuils et
canapés dirigés vers son écran de verre.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Depuis, elles ont largement proliferées. Aidées
en cela par le développement d’une sous-espèce à écran plat de type LCD ou
Plasma, elles s’établissent désormais sans scrupule dans la chambre à coucher,
les bars, les restaurants, les salles d’attentes de tous types et même...
sommet de l’horreur, la chambre des enfants ! &lt;strong&gt;La télé est
partout.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et par “télé” je veux dire : “&lt;em&gt;écran
lumineux qui retransmet un programme audiovisuel linéaire continu et à sens
unique&lt;/em&gt;”. Définition à laquelle il faudrait également rajouter : “&lt;em&gt;et
dont les diffuseurs se rémunèrent en vendant de l’espace/temps
publicitaire.&lt;/em&gt;” Car la pub, cette catégorie de programme pourtant
minoritaire, influe fortement sur le contenu de tout le reste des émissions
proposées...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Du coup, n’en n’ayant pas chez moi, je suis
devenu d’autant plus sensible aux effets de la télévision sur les autres, dont
mes proches. Et j’en tire une conclusion sans appel : &lt;strong&gt;LA TELE TUE...
!&lt;/strong&gt; Lentement mais littéralement.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify; font-weight: bold;&quot;&gt;L’exemple le plus criant
pour illustrer cette affirmation un brin péremptoire : les vieux..&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify; font-weight: bold;&quot;&gt;&lt;img title=&quot;tele_manipulation.gif, jan 2009&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.bouddhas-egoistes.net/public/tele_manipulation.gif&quot; /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;br /&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Qui ne connait pas un vieux (ou pire,
un couple de vieux) qui, las de la vie et fatigué dans son corps, passe le plus
clair de son temps à s’abrutir devant la télé en se gavant de séries et
d’émission débilisantes entre Pernaud et Drucker ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Moi j’en connais au moins
deux.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;- Ma grand-mère paternelle,&lt;/strong&gt;
décédée après plusieurs années de perfusion télévisuelle à raison de dix heures
par jours, et ce même lorsque son mari était encore vivant. Même lorsque ses
petits enfants passaient, rarement, la voir, il était difficile d'envisager lui
faire manquer un épisode de “Amour, Gloire et Beauté” : sa vie se résumait aux
feuilletons télé et aux émissions niaises d'après-midi sur France 2. Au point
que sur la fin, elle en confondait les deux...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;- Mon grand-père maternel&lt;/strong&gt;
passe encore actuellement douze heures par jours assis dans un fauteuil dernier
cri installé devant la télé, depuis bientôt dix ans maintenant. Alors que cet
homme actif et volontaire a passé toute sa vie à travailler d’arrache-pied pour
sa petite entreprise familiale, aujourd’hui il se passionne pour les
télénovelas brésiliennes... Et qu’on ne vienne pas me dire qu’il a droit à un
repos bien mérité. Il se laisse tout simplement aller. Parce-que c’est
tellement facile de vivre par procuration lorsqu’on a la télévision...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Vous me direz peut-être que lorsqu’on habite un
petit appartement décrépit dans le nord-est parisien avec une retraite de 527
euros par mois, la télé reste le dernier refuge pour se divertir à moindre
frais... Sauf que mes deux exemples se trouvent aux Antilles, avec pour chacun
un magnifique jardin à portée de main et tout plein d’opportunités de faire
autre chose que de passer son temps devant l’écran...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Alors maintenant, ayant connu la
déchéance que peut provoquer ce média, j’ai gagné mon droit à devenir
“Détracteur officiel de la télévision.”&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Et je ne vais pas simplement la
critiquer, cette télé chérie que j’aimais pourtant tellement dans mon enfance,
je vais carrément la DIABOLISER !&lt;/strong&gt; Mais non sans quelques arguments,
qui, à défaut d’être purement scientifique, n’en restent pas moins réfléchis et
pour beaucoup, personnellement expérimentés.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;ins&gt;&lt;strong&gt;POURQUOI LA TELE TUE (PUE)
?&lt;/strong&gt;&lt;/ins&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;1) Elle prend tout ton temps, même
celui que t’as pas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le premier point évident c’est que la télé
prend du temps : en moyenne 3h30 par jour et par personne en France ! Soit une
journée entière par semaine !!! C’est autant de temps utilisé à faire une
activité passive, rarement instructive, souvent à peine divertissante, au lieu
de faire autre chose d’utile ou de valorisant pour l’esprit ou le corps.
L’argument de la détente est d’ailleurs complétement fallacieux car sortir
courir une heure ou même faire du scrapbooking apporte plus de détente que
n’importe quel programme télé...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;2) Elle est ton meilleur ami, mais elle
ne te connaît pas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Lorsqu’on allume la télé mécaniquement ou qu’on
la laisse en bruit de fond pendant qu’on fait autre chose, c’est souvent pour
avoir une “présence”. ça permet d’oublier notre solitude... mais aussi d’éviter
de s’attaquer à cette peur d’être seul, angoisse qui a elle seule est la cause
de bien des problèmes : c’est elle qui nous fait rester avec un partenaire qui
ne nous convient pas, c’est elle qui nous fait nous entourer d’amis qui sont
parfois nuisibles, c’est aussi elle qui nous pousse à penser comme les autres
pour éviter d’être rejeté... En allumant la télé tous les jours, par réflexe
inconscient, on repousse toujours à plus tard le jour où on affrontera cette
angoisse primitive...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;3) Elle fait fuir l’ennui, pour le
remettre à plus tard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je sais pas quoi faire. Hop, j’allume la télé,
on verra bien ce qu’il y a d’intéressant. Mais avec cet outil de divertissement
disponible 24h/24, finit l’ennui ! On a toujours un moyen facile de le déjouer,
même si les programmes proposés sont ineptes, au moins ils occupent l’esprit.
Et surtout on se détourne de nos problèmes, de nos angoisses, de notre
culpabilité et de notre ennui.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Or, le cerveau a besoin de s’ennuyer.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C’est ainsi qu’il arrive à clarifier ses
pensées, à se remettre les idées en place. Si il est occupé à longueur de
journée, il ne peut jamais se reposer et se structurer. C’est d’autant plus
vrai pour les enfants qui ont besoin d’un temps à vide pour assimiler
véritablement les infos de la journée.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;De plus, l’ennui permet de se pousser à
s’inventer des activités, à retrouver le plaisir de bricoler, de tricoter, de
se balader... Si la télé apporte toujours une solution pré-machée à l’ennui, on
n’invente plus rien...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;4) Elle refaçonne la vérité sur la vie
à la sauce des directeurs des programmes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le problème avec la télévision, c’est qu’on
n’entend jamais d’avertissement précisant “Attention! Les informations que nous
vous fournissons sont incomplètes et peut-être erronées”. Ce serait pourtant le
strict minimum. Du coup, du fait de la profusion de programmes disponibles, une
grande majorité de gens croient implicitement que la télé leur apporte la
majorité des informations d’actualité et que celles-ci se présentent comme
vraies. Or, quel que soit le type de programme, la réalité proposée par la télé
est fausse. Elle est le fruit des idées elles-même préconçues des journalistes,
auteurs, animateurs, directeurs des programmes et directeurs de
communication...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&amp;gt; Les journaux télévisés, reportages
et documentaires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ils donnent leur vision du monde, en
séléctionnant les thèmes et sujets qui leurs semblent intéressants et
impactants, mais aussi en choisissant l’angle de vue sur ces sujets. De plus le
temps imparti est TOUJOURS trop court pour couvrir un quelconque sujet de façon
complète.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&amp;gt; Les émissions de divertissement,
les séries télé et les pub.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Elles donnent une image lisse et insipide de la
vie. Surtout en France. Les gens beaux et sveltes à longueur de pub, les
émissions de jeu mielleuses aux décors acidulées, les talk-show parisiens, fait
avec des parisiens pour faire rêver les provinciaux, les séries télé dopées aux
émotions vives mais sans saveur... voilà ce qui fait le quotidien des
téléphages. Mais tout cela est FAUX : ce N’EST PAS la vraie vie des français.
La majorité des français ne sont pas parisiens, la majorité des français ne
s’habillent pas comme le public propret des émissions télé, la majorité des
français ne sont pas beau, bien faits et surmaquillés... C’est la grande
illusions télévisuelle de nous faire croire, quasi involontairement, qu’elle
est le reflet de la population...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et à force d’instaurer cette image, les
français pensent qu’ils doivent ressembler à cela... Du coup les attitudes des
jeunes dans la vraie vie se calquent désormais sur les comportement binaires
des personnages des séries télé...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&amp;gt; Les émissions de débats et les
talk-show&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Comme en parle très bien Bourdieu dans son
pamphlet sur la Télévision : toutes ces émissions où les invités sont
séléctionnés parcequ’ils “passent bien à la télé” ne sauraient être
représentatifs d’un quelconque débat démocratique. D’autant que le temps de
parole en télé est tellement limité qu’aucune raisonnement complexe ne peut y
être développé.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mécaniquement, la télé donne donc toujours
avantage à la personne qui a la meilleur rhétorique, qui est la plus agréable à
regarder et qui de plus s’habille correctement... Or, ces critères sont
rarement le gage d’une argumentation sérieuse, réfléchie et approfondie. Ce
type d’argumentation nécessite un support écrit et non audiovisuel.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;5) Elle se fait passer pour la réalité,
la vraie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Tout cela serait ne serait pas grave si l’homme
était assez sensé pour faire la différence entre la télé et la “vraie”
réalité... Mais c’est rarement le cas, et cela demande un véritable effort
intellectuel. Car les images diffusées par la télé sont appréhendées par notre
cerveaux comme des images de la réalité, car elles en ont tous les attributs.
Ce ne sont pas des dessins ou des sculptures mais des “captations” directes de
scènes réelles, bien que réconstituées. Pour le cerveau, cela ne fait donc
aucune différence avec la réalité, il n’a pas le recul qu’il peut avoir avec un
livre, des sons ou des dessins. Donc il aura tendance à classer ces images dans
le même panier que la réalité directe.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Donc pendant 20% de son temps éveillé (à
hauteur de 3h30 par jour en moyenne) le cerveau intègre tout ce qui se passe à
l’écran comme SA réalité. Voilà pourquoi Pernaud, Cauet, Chazal font presque
partie de la famille... Ils sont dans l’écran, on les voit régulièrement, on a
l’impression de les connaître tellement bien... Mais c’est une pure illusion.
Eux, personnellement, ils s’en foutent de ta gueule.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;6) Elle vole l’imagination de tes
gosses, et ne la rend jamais&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A force de présenter des images visuelles
toutes faites, la télé remplit le cerveau d’images et d’idées prédigérées qui
laissent du coup de moins en moins de place pour imaginer autre chose: d’autres
histoires, d’autres mondes, d’autres façons de vivre. Car la majorité des
images proposées sont des représentations de la société moderne occidentale qui
est loin d’être le meilleur monde possible.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C’est d’autant plus flagrant chez les gamins,
qui sont abreuvés de dizaines de références visuelles en provenance de la télé.
Leur premier réflexe sera de reproduire ces références au lieu de s’inventer
des personnages bien à eux, qu’il pourront s’approprier en fonction de leur
problématique psychologique. Mais avec la télé, ils n’ont ni le temps, ni la
place mentale de faire cette démarche...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;ins&gt;&lt;strong&gt;POURQUOI LA TELE EST-ELLE UNE
VRAIE DOPE ?&lt;/strong&gt;&lt;/ins&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;- L’activité absolue&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La télé c’est trop facile : un simple bouton
vert et tu a accès à une activité à part entière, bien que passive, mais qui
t’occupe l’esprit de façon totale.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Par exemple :&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Tu rentres chez toi après tes dix heures de
taff, t’es naze , t’es stressé, t’allumes ta télé pour décompresser.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C’est dimanche, ça te fout le blues parce-que
t’as l’impression que la ville est morte, t’allumes ta télé pour te sentir
moins seul.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Même quand tu te lèves le matin, la tête en
pêtard, et ben t’allumes ta télé pour te faire réveiller par une bande de
disjonctés qui remuent dans tous les sens (et qui sont payés 5 fois ton salaire
pour faire les cons pendant 2 heures par jour).&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ouais, la télé c’est l’occupation ultime. Le
truc que tu peux faire quel que soit ton problème dans la vie : un seul geste
et t’es sauvé de toutes les corvées, t’en oublie tous tes problèmes, tu passes
dans un autre monde... “Merde, j’ai pas vu le temps passer...” Mais parfois ça
nous arrange bien de ne pas voir le temps passer.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Depuis l’invention de la télé, toutes les
autres occupations traditionnelles sont désormais obsolètes. Contre l’ennui et
la dépression : n’allez pas voir un psy, ne faites pas d’activité physique,
achetez une télé !&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;- L’effet d’hypnose&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le principe technique de la télé repose sur des
images lumineuses animées. De fait, la télé est TOUJOURS plus lumineuse que son
environnement (sauf si tu la places dans l’axe du soleil mais bon...), et donc
que la réalité elle-même. Ce qui se passe sur un écran de télé attire
inmanquablement l’oeil : des formes animées, colorés et lumineuses. Et une fois
que l’oeil a été capté, il est ferré psychologiquement car les images qui se
succèdent racontent une histoire. Inconsciemment, il me semble que notre
cerveau veux savoir la suite. Par curiosité, il voudrait savoir de quoi ça
parle, comme lorsqu’on entend une bribe de conversation dans un café, un mot
qui nous appâte, et puis après, impossible de se concentrer sur son exo de
math...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En plus, il se trouve que les images peuvent
aussi s’avérer très séduisantes, quand il s’agit d’une fiction, d’un clip, et
même de certaines émissions, avec une lumière plus belle que nature, des gens
beaux, sans parler de l’omniprésence d’images de (semi-)cul, que ce soit dans
la pub, les clip, les séries...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;- L’attente perpétuelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Perversité bien connue de la télé, surtout
quand il y a de nombreuse chaînes : on s’attend toujours à tomber sur un
programme intéressant, soit en zappant, soit en attendant encore cinq minute,
puis cinq autres, puis cinq autreq... A force d’attendre le bon programme, on
passe une heure à regarder des conneries...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;- La perfusion sociale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En allumant la télé, on se met en connexion
immédiate avec le reste de la nation. On sait inconsciemment que des millions
de personnes regardent en même temps que nous le programme qu’on a choisit. On
se connecte avec la communauté en suivant les mêmes programmes, tous ensemble,
au même moment. Cette activité commune a pour effet de réduire notre angoisse
primitive de solitude dont on a parlé plus haut. C’est le même effet qu’une
perfusion de morphine : pour pallier à la douleur du manque de l’autre, on se
met sous perf, ça nous rassure, ça nous appaise. Le téléphone et Internet
pallient eux-aussi, autrement, à cette angoisse profonde de l’être humain.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;ça pallie, mais ça ne résoud rien.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Alors, oui, bien sûr, à titre
individuel, si tu regardes la télévision parcimonieusement en sélectionnant tes
programmes, t’en tirera sans doute des infos instructives, parfois
originales.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;ins&gt;&lt;strong&gt;Mais la problématique que je
soulève n’est pas au niveau personnel (chacun fait ce qu’il veut de sa vie
après tout). Il s’agit d’un problème sociétal, que je comparerais à la
sauterelle : individuellement elle semble plutôt sympathique cette petite
bestiole. En masse en revanche, elles sont un véritable fléau qui fond sur les
cultures et les effacent... Tout comme la télévision.&lt;/strong&gt;&lt;/ins&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;De plus, contrairement à la sauterelle,
la télévision elle, est &lt;ins&gt;addictive&lt;/ins&gt;. En tant que média grand public et
largement répandu dans tous les foyers français, elle représente donc un danger
sociétal au moins aussi fort que n’importe quelle drogue dure. Car elle
présente à ceux qui la regarde une réalité illusoire, elle les rend amorphe,
incapable de réfléchir et d’agir par eux-même, conditionné par l’information
fournie. Comme c’est le cas pour un drogué.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Sauf que les drogues dures sont
clairement et officiellement identifiées comme nocives et sont donc le sujet
d’une pression sociale forte. Tandis que la télé c’est l’inverse : la pression
sociale pousse à la regarder toujours plus pour être intégré socialement, et
non à faire une cure de désintox...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;D’ailleurs, il me semble qu’une des
raisons pour laquelle beaucoup de gens rejette cette thèse, c’est qu’en fait
presque tout téléspectateur est ammené, à un moment ou un autre, à passer un
certain temps devant la télé à regarder n’importe quoi, l’oeil torve, l’esprit
amorphe. Ca nous est tous arrivé. Admettre que la télé est dangereuse, c’est
aussi admettre ces moments là, où on n’apprécie pas trop l’image qu’on donne de
nous même, apathique devant un écran lumineux.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Déni classique du
drogué...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.bouddhas-egoistes.net/post/2009/01/03/My-precious-TV#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Comment devenir &quot;Grand Patron de Multinationale&quot; pour les nuls</title>
    <link>http://blog.bouddhas-egoistes.net/post/2008/12/22/Comment-devenir-Grand-Patron-de-Multinationale-pour-les-nuls</link>
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    <pubDate>Mon, 22 Dec 2008 01:17:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Balou</dc:creator>
            
    <description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J’ai une théorie sur les grands patrons,
oligarques, et autres héritiers d’empires industriels ou financiers...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J’en avais marre d’entendre le gens me répondre
que “Ces mecs là ils ont travaillé durs pour arriver où ils en sont” ou alors
“C’est pas pour rien qu’ils sont patrons, ils sont compétents” ou le pire de
tous :“Ouais, 5 millions par ans, c’est peut-être beaucoup, mais ils le
méritent, avec tous les emplois qu’ils créent”...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J’en avais marre d’entendre les magazines télé
et hebdomadaires de tous poils vénérer littéralement tous ces entrepreneurs à
succès partis de rien et devenus multimillionnaires, ces grands patrons
salariés qui changent de multinationales tous les trois ans, ou ces grandes
familles de la bourgeoisie industrielle qui entretiennent leur empire au sein
de clans très très fermé...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Alors j’ai inventé une théorie, basique,
simpliste même, et totalement dénuée de fondement scientifique ou de quelconque
recherche sociologique. Pour la peine, je ne lui ai même pas donné de nom, mais
elle s’énonce ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;AUCUN GRAND DIRIGEANT D’ENTREPRISE NE PEUT ETRE ARRIVE LA Où IL EN EST
SANS AVOIR COMMIS AU MOINS UNE TRAHISON ET/OU UNE ARNAQUE DANS SA
CARRIERE.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img title=&quot;crook.jpg, dec 2008&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.bouddhas-egoistes.net/public/crook.jpg&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;    &lt;strong&gt;La seule question à se poser c’est la(les)quelle(s) ?&lt;/strong&gt; Car dans
nombre de cas cette(ces) trahison(s)/arnaque(s) seront passées dans les mailles
du filet de la justice grâce à un pool d’avocat extrêmement bien rétribués, ou
simplement parce-que la justice s’en fout...
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Certains diront que j’exagère. Oui, c’est vrai,
j’exagère : pas tous les dirigeant le font conscienmment. Beaucoup estiment que
ça fait partie du système, que c’est la loi du marché et qu’il n’y a rien de
répréhensible à cela. Sauf que cette fameuse “loi du marché” est un bel
euphémisme pour dire “loi de la jungle”, ce qui signifie donc plus concrètement
“absence de loi”... ce qui est donc un usage quelque peu abusif du mot
loi...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Donc je m’explique : un patron Lambda (c’est un
grec) pourra vivre toute sa carrière sans trahir son associé ou arnaquer un
client. Certes, il sera imprégné d’une certaine logique capitaliste qui
consiste à dépenser le moins possible pour engranger le plus possible (c’est le
propre du patron), ce qui le conduira inévitablement à pousser les salaires à
la baisse (sauf le sien). Mis à part ce petit travers, le patron Lambda pourra
très bien conserver une éthique personnelle dans son travail tout au long de sa
vie. C’est le cas par exemple de mon grand-père paternel, toujours juste et
honnête même s’il a toujours voté pour le Général... Mais soyons clair, CE
GARS-LA NE SERA JAMAIS UN GRAND PATRON !&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Car pour devenir plus gros que les autres, il
faut de l’avance en terme d’organisation du travail et en terme
d’innovation.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Or, personne, entreprise ou individu, n’est
JAMAIS durablement plus innovant et durablement mieux organisé que ses
concurrents. Ceux-ci rattraperons toujours leur retard, et plutôt rapidement en
général.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Donc le seul levier qu’il reste pour se
différencier, à environnement juridique quasi identique pour tous, c’est 1) le
marketing (en soi une grossière technique de manipulation des clients) et 2)
les magouilles (c’est à dire, lâcher sur son éthique perso...)... Deux leviers
pas très louables...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;CQFD : dans un système libéral de libre
concurrence quasi-totale, pour prendre les premières places sur un marché ou
pour grimper au plus haut de l’échelle dans une multinationale, il est
indispensable de contourner les lois, de commettre un fratricide ou d’arnaquer
son voisin ou son client. C’EST LE FACTEUR CLE DE SUCCES DU SYSTEME LIBERAL.
Donc la majorité des grand patrons sont NECESSAIREMENT DES ESCROCS.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Bon, la démonstration est encore un peu
branlante, mais on pourrait y rajouter ceci : si le système libéral est régit
par nature par la loi du marché, cela signifie donc, schématiquement,
“minimisation des réglementations” et “avantage au plus fort”, ce qui, selon
les tenants de cette doctrine, créerait un émulation qui serait bénéfique à
tous. Le “plus fort” selon ces gars-là étant celui qui parviendra à vendre le
moins cher. En gros, c’est le consommateur final qui donne le LA, en
sanctionnant les plus chers. C’est de la pure démocratie capitaliste : le monde
s’auto-ajuste selon le bon vouloir du consommateur final. C’est
beau.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Sauf que dans la jungle, le plus fort n’est pas
celui qui vend la machette la moins chère, c’est celui qui s’en serre le mieux.
Donc, lorsque sévit la loi de la jungle, avant même le facteur prix, il y a 3
autres facteurs essentiels qui sont favorisés structurellement par la
“minimisation des règlementations” :&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;1) La capacité à se débarrasser de ses
adversaires par tous les moyens possibles&lt;/strong&gt; (même ceux qui proposent un
bon produit)&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;2) La capacité à mettre d’autres gens à
son service pour un tarif aussi bas que possible.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;3) La capacité de rallier à sa cause
des entités sensément indépendantes, par pression financière ou
morale.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;(On pourrait encore rajouter l’exploitation à
son propre compte des ressources publiques disponibles et sans doutes d’autres
facteurs qui m’échappent encore...)&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Or les personnes qui ont ces capacités là sont
de fait ceux qui ont mis leur éthique de côté. On en déduit que dans ce système
libéral, à compétence managériale égale, un patron SANS éthique aura TOUJOURS
l’avantage sur un patron AVEC éthique. Car le patron AVEC éthique ne fera pas
usage des trois “compétences” citées ci-dessus, qui sont au final, comme on l’a
vu, les facteurs clé de succès du système, quel que soit le marché pris en
compte.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le système de libéral de marché n’est
donc absolument pas fait pour favoriser le succès des gens compétents
susceptibles d’apporter une véritable valeur ajouté à la communauté. Au
contraire, il ouvre structurellement la voie à la domination des plus forts,
car les actes de “barbarie”, qui sont pourtant récriminés dans notre vie
personnels, n’y sont pas ou peu sanctionné, voir au contraire glorifiés. Pour
justifier de cette dérive, le monde de l’entreprise est perçue par une grande
majorité de patrons comme un “terrain de bataille” où les valeurs de la vie
quotidienne n’ont plus lieu d’être. A la guerre, tous les coups sont permis.
Donc dans l’entreprise aussi.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Il y a une deuxième facette à cette
théorie : AUCUN GRAND DIRIGEANT D’ENTREPRISE NE PEUT ETRE ARRIVE LA Où IL EN
EST SANS AVOIR EXPLOITE CONSCIEMMENT SES EMPLOYES ET/OU DES RESSOURCES
PUBLIQUES.&lt;/strong&gt; L’exploitation étant une extension de l’arnaque, effectuée
ici à grande échelle et non individuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Car encore une fois, dans une société hautement
concurentielle, un des facteurs clé de succès est la pression sur le coûts.
Pour arriver au sommet des entreprises les plus grosses et les plus rentables
du marché mondial, il est impératif de faire descendre les coûts à toutes les
étapes de la production. Les sociétés du CAC 40 ne sont donc pas forcément
celles qui offrent les meilleurs produits, mais celles qui maîtrisent le mieux
leur coûts, donc celles qui exploitent le plus leurs salariés (ou, plus souvent
désormais, leurs fournisseurs, ça fait moins sale).&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Alors ça revient à dire “Patrons, tous
pourris!” ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Loin de moi cette idée ! Je ne connais pas TOUS
les patrons de toutes les PME du monde, je n’oserais pas me prononcer sur le
sujet... ;o) Ma théorie concerne uniquement le haut du pavé. La plupart des
entrepreneurs ont sans doute une certaine éthique, comme tout être humain en a
une. Ma théorie stipule simplement que, tel que le système est fait (abolition
des frontières et concurrence totale) cela implique que pour arriver tout en
haut, il n’y a pas d’autre choix que de mettre son éthique de côté (où plus
souvent de la remodeler pour qu’elle se calque sur nos ambitions
personnelles...)&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Car quoi qu’on veuille souvent nous
faire croire, (c’est la 3ème facette de ma théorie) : LES GRANDS DIRIGEANTS
D’ENTREPRISE NE FONT JAMAIS CE QU’ILS FONT (i.e. DIRIGER) POUR CHANGER LE
MONDE.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Certes, si vous leur posez la question, un soir
de pleine lune, avec un scotch à la main et un cigare dans l’autre, au bord de
la piscine de leur yacht, ils vous répondront sans quelques chose du genre :
“Moi, j’ai toujours voulu faire quelque chose d’utile pour la société, qu’on se
souvienne de moi pour tout le bien que j’ai fait... Je crois qu’en apportant du
Coca-Cola au fin fond de l’Afrique, quelque part j’aurais participé à mon petit
niveau à amener un peu de bonheur dans la vie de petits gamins
défavorisés...”&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;(selon le “grand dirigeant” qui sera assis en
face de vous, remplacez simplement “Coca-Cola” par le produit correspondant à
sa multinationale : au choix “Royal-Cheese”, “Twix”, “Nokia” ou “Char d’assaut
Leclerc”...)&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Donc, évacuons tout de suite cette
auto-justification, fruit de dizaines d’année passées à se mentir à lui-même.
Le GRAND PATRON est GRAND PATRON avant tout, et TOUJOURS pour :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;1) Gagner le plus d’argent possible
(bien au delà de ses besoins)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;2) Avoir le plus de pouvoir possible
(plus que le voisin)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;3) Et accessoirement pour se faire
plaisir à entreprendre&lt;/strong&gt; : car oui, il faut l’admettre, en dehors de
toute considération de pouvoir ou d’argent, monter ou diriger sa boîte, c’est
plutôt grisant et vachement plus intéressant que de répondre au téléphone toute
la journée...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pourtant, malgré cette évidente avidité, on
couvre régulièrement d’éloges le grand patron international, et ce dans la
majorité des médias, comme s’ils étaient les héros du monde moderne. Du Nouvel
Obs à Paris-Match en passant par le Point, L’Express, sans parler de Challenge
et Les Echos, on leur offre quatre pleines pages de photos à leur gloire, dans
leur ranch, sur leur yacht, racontant avec fierté les raisons de leur réussite,
leur style de vie simple et leurs donations aux oeuvres de charité...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ne sommes-nous pas pourtant censé être une
société d’origine judéo-chrétienne ?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je suis prêt à parier que la majorité des
lecteurs de Paris-Match se déclareraient chrétien... Il y en a même qui vont
encore à la messe le dimanche. &lt;strong&gt;Alors j’aimerais comprendre comment ces
gens là, ouvertement chrétiens, peuvent glorifier ces grands patrons dont le
moteur principal est clairement l’avidité et le pouvoir, deux valeurs qui sont
pourtant au centre des interdits bibliques ?? Quelle habile manipulation de
l’esprit a put nous faire en arriver là...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;CONCLUSION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Fort de ma fumeuse théorie, j’applique donc
désormais une PRESOMPTION DE CULPABILITE à l’ensemble de la classe financière
dirigeante.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Sauf preuve du contraire : TOUS sont, selon
moi, des escrocs à la petite semaine; TOUS ont au moins une fois écrasé un pote
pour monter une marche; TOUS essayent en permanence de maximiser leur profits,
de façon légale ou pas, aux dépends (forcément) d’autres acteurs du marché ou
surtout, de petits employés; TOUS tentent de faire échapper une partie de leurs
revenus à l’impot en détournant la loi; TOUS ont proférés des mensonges
consciemment et en publique; TOUS ont trahit leur parole au moins une fois sans
jamais s’excuser; TOUS ont fermés les yeux sur les conséquences indirectes de
leurs actes. Et je ne parle même pas de tous ceux qui ont directement commis de
véritables crimes répréhensibles légalement et qui ne se sont jamais fait
prendre...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Et tout ceci n’est pas un jugement
personnel fondé sur une rancoeur sociale : c’est une évidence statistique et
structurelle.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Alors vous comprendrez mon désarroi à vivre
dans un monde où ces types là, des crapules en sommes, sont invités
quotidiennement au journal de vingt heures, et traités avec tous les
égares...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Mais je pense comprendre la raison pour
laquelle on peut être fasciné par ces personnages : c’est que nous aussi,
quelque part au fond de nous-même, on aimerait bien avoir les dents assez
longues pour devenir aussi riches. Mais malheureusement, on a le tort d’avoir
un semblant d’éthique et une satané culpabilité judéo-chrétienne. Quelle
plaie!&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>La voiture c'est génial !</title>
    <link>http://blog.bouddhas-egoistes.net/post/2008/12/03/La-voiture-c-est-genial</link>
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    <pubDate>Wed, 03 Dec 2008 13:06:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Balou</dc:creator>
            
    <description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Bien que l’obtention de mon permis remonte à
1997, j’ai depuis lors réussi à éviter, avec la rigueur d’un Amish, la conduite
de véhicule motorisé individuel.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C’est dont presque vierge, qu’à l’occasion d’un
retour temporaire au pays, j’ai noué mes premiers liens durables avec une
voiture personnelle, assurée en mon nom, et qui répondait au nom un tantinet
simplet de “Punto”.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Car en Guadeloupe, vivre sans voiture
est un défi écolo que je ne suis pas encore prêt à relever.&lt;/strong&gt; Il existe
bien quelques Antillais encore sensibles aux charmes des modes de transports
primitifs, comme la “grena” (petites mobs locales utilisées par les vieux
cools), le scoot (grosses mobs locales utilisées par les jeunes cons), ou même,
pour les courageux, le vélo de route (avec toute la panoplie qui va avec)...
Mais soyons honnêtes, ce choix tient rarement d’une éthique écologique, à peu
près inexistante aux Antilles, mais plutôt d’une contrainte financière, pour le
coup assez répandue. Par ailleurs, il y a bien un “réseau” (le mot est mal
choisi...) de transports en commun sur l’île, mais la complexité des lignes
nécessite au minimum une licence en cartographie pour espérer arriver à
destination...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;img title=&quot;car_recall.jpg, dec 2008&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.bouddhas-egoistes.net/public/car_recall.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;    L’urbanus-touristicus inculte arguera qu’avec des températures clémentes tout
au long de l’année, cela doit être un plaisir de se déplacer ainsi en
Guadeloupe, les cheveux ondulant sous le vent tiède, ou encore d’attendre
patiemment le bus en plein air, en profitant du soleil. A cela, l’autochtone
non-motorisé vous répondra sans doute quelque chose comme : “Cougnamamaw!”
(version phonétique). Car en matière de “plein air” l’Office du Tourisme de la
Guadeloupe ne propose pas plus de deux options, aux choix : le cagnard ou la
pluie battante. Ces deux options s’appliquant indifférement aux touristes en
route pour la plage comme au locaux partant au turbin, il en résulte une
certaine animosité systématique des second envers les premiers, sujet que nous
ne développerons pas ici...
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Quoi qu’il en soit, l’Antillais, bien que
longtemps très laxiste quant aux murs, apprécie, d’une façon générale d’avoir
un toit au dessus de sa tête.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Et la voiture, ô bonheur, a un toit. Un
toit qui se meut. C’est merveilleux.&lt;/strong&gt; Tellement merveilleux qu’on se
demande où l’on peut trouver la place, sur une si petite île, pour garer toutes
ces Mercedes 500SL, 4x4 Rav, Twingo, Clio, Berlingo, et autres Ligiers sans
permis (rapport aux très grand nombre de retraits de permis du département) qui
sont importées chaque année dans l’archipel. D’autant qu’il y a finalement un
taux anormalement élevé de voitures neuves (et de grosses cylindrés) pour un
département où le chômage frôle les 30%... Où passent donc les véhicules en fin
de vie ? Y aurait-il un cimetière secret (une falaise ? un bassin ?) pour
voiture de plus de 5 ans d’âge ? Ou peut-être une filière parallèle destinée au
pays voisins, la Dominique, la Barbade, Sainte Lucie, relativement pauvres par
rapport à ce département français ? Mais non, que dis-je, ils roulent à gauches
ceux-là...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Désolé pour l’interminable digression,
revenons-en au sujet initial.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Donc, pour la deuxième fois en deux ans, me
voilà au volant de ma-petite-voiture-pour-moi-tout-seul (les ex-lecteurs de
Oui-Oui reconnaîtront cette référence à Enid Blyton qui aura inculqué la notion
de propriété privée à toute une génération d’enfant pourtant naturellement
enclins au partage) : une petite Fiat Punto couleur cramoisie, sans doute de
quatrième voire cinquième main, mais qui frôle allègrement les 110Km/h (sans
jamais les dépasser néanmoins) en 78 secondes chrono.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Et pour être totalement franc, ça fait
mal mais je dois l’avouer : la voiture, c’est génial !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je comprend maintenant pourquoi tout le monde
veut la sienne. C’est tout simplement un outil de super-héro, un peu comme un
exo-squelette (cf Alien II... ou III) dans lequel on est à l’abri de tout,
invincible, et qui nous permet de démultiplier, avec un effort minime, notre
force motrice par un facteur qui doit bien atteindre les deux mille.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Tout commence avec la clé&lt;/strong&gt;,
objet symbolique s’il en est de notre désir/besoin profond de possession
exclusive. Ce petit objet de métal à la con, nous procure pourtant un sentiment
de toute puissance inexplicable. La clé de voiture c’est la clé de la liberté.
Bien que minuscule et inutile en soit, la clé possède pourtant un grand pouvoir
: elle est la seul à donner l’accès à une entité beaucoup plus grosse qu’elle.
Pour peu que le logo gravé dessus soit d’origine allemande, et qu’en plus on
puisse ouvrir ou fermer les portes à distance, et là c’est le summum du
sentiment de super-hero.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;D’ailleurs, la clé elle-même suffit à exprimer
son statut d’homme libre. Pour s’en convaincre il suffit de noter comment la
plupart des mâles ne se déplacent jamais sans avoir en main, bien visibles, les
trois objets suivant : le porte-feuille, les clés de voitures et depuis peu, le
téléphone portable. Une façon d’affirmer leur statut d’homme libre et
indépendant face aux autres mâles... et aux femelles évidemment. Cette
démonstration ne fonctionne certes pas pour les femmes qui ont pour étrange
coutume de trimbaler un sac à main partout où elle vont (même aux chiottes),
rendant donc plus sporadique l’exposition desdits objets...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ce n’est qu’une fois insérée dans le contact de
la voiture que la clé démontre enfin sa toute-puissance, et par extension celle
de celui qui l’a entre les doigts. Il faut le vivre pour la première fois pour
percevoir l’effet primaire que cela peut procurer à une homme somme toute moyen
comme moi (après on s’y habitue, mais l’effet inconscient est toujours là...).
Confortablement assis au volant du véhicule, on comprend alors vite les
avantages immédiats indéniables de l’outil, en dehors de sa fonction première
de transport :&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;D’abord, l’aspect hermétique&lt;/strong&gt; :
une fois dedans, hop, fermeture centralisée des portes (certes, pas sur ma
vieille Punto...) et on se sent à l’abri de la fureur du monde extérieur: la
pluie, le vent, le soleil, la foule, le bruit, le mari violent, l’épouse
hystérique, le laveur de vitre un peu insistant comme le type défoncé au crack
(spécialité locale)... On peut prendre son temps pour ranger ses papiers,
mettre de l’ordre dans ses idées, mettre un peu de musique, respirer bien
fort... C’est un havre de paix en métal brossé et cuir de vachette. (encore une
fois, pas sur ma Punto non plus...)&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Et puis surtout, une voiture ça
roule&lt;/strong&gt;. Si jamais on entrevoit l’éventualité d’une intrusion (par bris
de glace par exemple, principal point faible de l’engin), on démarre et on
s’arrache. Ciao bye-bye, je peux même te montrer mon majeur en tournant à
l’angle, je ne risque plus rien, tout à l’abri que je suis dans mon armure de
métal qui fonce à 150 sur l’autoroute...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Enfin, dans certains cas (plus rares
certes), on peut se servir de sa voiture comme arme létale&lt;/strong&gt; pour se
débarrasser, selon la rancoeur du jour, du buisson du voisin, du chien de la
vieille d’en face, du scooter du petit lascard qui se tape des wheeling à
l’angle, ou d’un foutu piéton qui traverse hors des clous...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ces attributs font donc de la voiture l’objet
symbolique idéal pour conforter ces trois réflexes automatiques bien connus,
que notre esprit reptilien met en action lorsque nous sommes confrontés à la
peur, à savoir : &lt;strong&gt;la tétanie, la fuite et l’attaque&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Donc, au delà de son utilité évidente
comme moyen de transport, rapide qui plus est, la voiture répond parfaitement à
notre angoisse primitive, notre névrose la plus profonde, présente en chacun de
nous à des degrés divers : la peur de l’autre. C’est cela qui la rend si
addictive. Très peu d’objet sont aussi complet dans la réponse qu’ils offrent à
nos angoisses.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Evidemment, on manquerait un facteur essentiel
si on ne mentionnait pas... la flemme. Car une fois qu’on a goutté à la
facilité de transport de la voiture, il est difficile de s’en passer, même pour
aller chercher le pain à 2 petits kilomètres...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il est d’ailleurs très révélateur que ces
réflexions me viennent lorsque je pars sous les tropiques et non pas à Paris,
où la voiture occupe bien 1/5ème de l’espace au sol de la ville. Car la voiture
en Guadeloupe, comme dans toute région riche en nature vierge, parait carrément
hors-contexte. Ses nuisances se remarquent donc d’autant plus.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Pourtant oui, je l’avoue, moi qui ait
de tout temps vanté les mérites de la motricité naturelle, celle qui est mue
par une énergie corporelle, comme la marche, le vélo, et dans une certaine
mesure la traction animale... et bien j’ai adoré conduire une caisse! Une
voiture c’est confortable, pratique, rapide, utile, agréable à manoeuvrer et
grisant, même une Punto qui ne dépasse pas les 110Km/h au
compteur...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Mais tout ces avantages purement
égoïstes ne suffiront cependant pas à me faire passer l’éponge sur l’impact
inadmissible qu’à eu sur notre environnement la généralisation et
l’individualisation de la voiture ces cent dernières années.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Si on additionne :&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;- le bruit insupportable,&lt;/strong&gt;
omniprésent quasiment où qu’on aille désormais dans les pays développés.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- &lt;strong&gt;l’odeur&lt;/strong&gt;, qu’on trouve tout
de suite écoeurante pour peu qu’on revienne d’une semaine à la montagne.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- &lt;strong&gt;l’espace occupé ahurissant&lt;/strong&gt;,
en ville, par des carcasses de métal dix fois plus grandes que leurs occupants,
alignées absolument partout le long des trottoirs; hors-ville, par ces routes
et autoroutes qui sont comme des tranchées infranchissables qui cloisonnent le
territoire et excluent de fait le piéton, qui lui n’emmerde pourtant
personne.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- &lt;strong&gt;la dangerosité&lt;/strong&gt;, de ces
bolides laissées dans les mains du premier clampin venu (moi y compris...).
C’est d’ailleurs effrayant a quel point il est facile de faire un carton avec
une voiture à 90Km/h : une petite embardée sur la gauche, une rotation du
volant d’à peine 10°, et bang !&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- &lt;strong&gt;et puis la pollution&lt;/strong&gt;, sujet
suffisamment rabâché pour ne pas s’y attarder.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;La voiture est sans aucun doute l’objet
moderne qui provoque le plus de nuisance et de stress (qu’on soit dedans ou
dehors) parmi toutes les inventions issues des révolutions technologiques des
deux derniers siècles.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Et pourtant en une petite centaine
d’année, on s’y est habitué, lentement, subrepticement, en niant ces effets
néfastes sous prétexte de confort accru et d’utilité économique. Au point que
sa remise en cause est hors de question. On ne va pas à l’encontre du progrès
voyons !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Personnellement, je trouve que le temps gagné
et la praticité de ces engins (sans parler du sentiment de toute-puissance...)
ne justifie absolument pas les emmerdes qui vont avec et qui font chier tout le
monde, sans distinction, automobilistes compris.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et je suis prêt à parier que dans quelques
décennies le principe de “la voiture pour tous” nous paraîtra aussi barbare,
qu’on trouve aujourd’hui inadmissible de fumer dans un resto ou dans un
avion...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;PS: mais l’histoire ne dit pas si j’ai décidé
d’abandonner la voiture en Guadeloupe...&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>De l'absurdité des conventions sociales européennes appliquées aux colonies</title>
    <link>http://blog.bouddhas-egoistes.net/post/2008/11/06/De-l-absurdite-des-conventions-sociales-europeennes-appliquees-aux-colonies</link>
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    <pubDate>Thu, 06 Nov 2008 01:26:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Balou</dc:creator>
            
    <description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le saviez-vous ? On s’habille quasiment de la
même façon à la Défense... qu’en Guadeloupe ! En tout cas dans les milieux
professionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Voilà qui nous donne l’occasion de pratiquer un
petit exercice d’imagination que je nommerais, à défaut de terme plus
approprié, “&lt;strong&gt;exercice de relativisation par l’absurde&lt;/strong&gt;”.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le principe est simple : imaginez que la
civilisation dominante sur Terre se soit développée sous les tropiques, et
qu’elle ait, comme c’est le cas des occidentaux aujourd’hui, imposée ses
valeurs culturelles aux reste du monde. Il est fort à parier que les habitudes
vestimentaires des ces indiens hautement civilisés y aient été totalement
différentes des notres. Dans une région où la température moyenne oscille entre
22 et 30 degré toute l’année, on peut penser sans trop divaguer que l’être
humain aurait développé un apparât vestimentaire adapté à la météo, c’est à
dire pour faire simple : tee-shirt, short et tong pour tout le monde ! Ou
plutot, histoire d’être moins ethnocentré, toge et sandales de cuir. Sans doute
que cette civilisation aurait inventé des tenues plus “chics” ou des tenues de
travail spécialisées, mais toutes conserverait la fonction commune d’être
pratique et aérée. En gros : tout sauf un costume cravate avec chaussettes
assorties et des Burton en cuir.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;img title=&quot;cravatte.jpg, dec 2008&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.bouddhas-egoistes.net/public/.cravatte_s.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;    Imaginons que cette civilisation ait finis par coloniser ces sauvages
d’européens. Elle se serait très vite rendue compte que passer l’hiver à La
City de Londres, en chemise à fleurs et sandalettes, relève du masochisme le
plus extrême. En conséquence, l’année d’après, il y aurait bien eu un indien
malin pour adopter les coutumes locales en se rendant à l’échoppe la plus
proche pour acquérir, en échange d’une infime pépite d’or, un Duffle Coat, de
grosses chaussettes en mouton, et des Dock Martins montantes...
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Alors peut-on m’expliquer pourquoi les
européens, pourtant si certains de leur supériorité intellectuelle, n’ont pas
adopté cette attitude évidente lorsqu’ils ont colonisé le reste du monde ? Pour
résumer : quel espèce d’imbécile a cru bon d’imposer le costard-cravate à
l’ensemble de la planète, quelle que soit sa latitude ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Soyons réalistes : dans l’absolu, c’est à dire
en dehors de toute convention sociale, porter un pantalon de flannelle, une
chemise à manches longue, plus une veste par dessus, sans parler des
chaussettes et des chaussures en cuir manufacturées, est un inéptie digne d’un
film de Buster Keaton...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et non content d’être totalement à côté de la
plaque, l’européen obstiné (et ceux qui l’imitent, en tant que civilisation de
référence) persiste dans sa bêtise en inventant un appareil compliqué, cher et
polluant, qui lui permet carrément de simuler à longueur de journée, les
conditions météorologiques de sa chère terre natale : j’ai nommé, le
climatiseur. Il peut ainsi à loisir perpétuer sa pratique absurde, niant ainsi
la réalité locale, et au dépend même de la nature... (dont il n’a d’ailleurs
plus conscience puisque l’usage de son frigo personnel implique un stricte
cloisonnement entre quatre murs )&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A vrai dire, je n’ai jamais compris la logique
profonde du costume trois pièces. Quel que soit la température ambiante
d’ailleurs. Porter toute la journée une cravate qui serre la glotte, des
chaussure raides comme un manche à balai, une chemise indifféremment rose ou
bleu (??), et un ensemble pantalon/veste assorti, avec un choix de coloris
d’une gaieté sans égale : noir, bleu ou gris. Bref, on s’étrangle, on put des
pieds, et on transpire du cul, et ce n’est même pas vraiment beau... N’importe
quel dignitaire africain, océanien, ou sud américain habillé en costume
traditionnel a plus de classe qu’un haut dirigeant occidental ou que n’importe
quel cadre moyen. Le costume-cravate est une hérésie de tous les points de vue
: esthétique, confort et respect de l’environnement. Mais il faut dire que cet
accoutrement a été inventé et imposé par une classe sociale dont les valeurs
sont bien éloignées de tout ça, et qui s’attachent plus à ce que personne ne
sorte des rangs, plutôt qu’à favoriser les individualités trop
encombrantes.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mon cousin David qui travaille dans une grande
multinationale, et qui de fait s’habille 5 jours sur 7 en costume, me soutient
qu’il s’agit pour lui avant tout 1) de respecter un us, comme on respecterait
une coutume locale dans un pays étranger, 2) mais aussi de se faire accepter
et/ou respecter dans un milieu donné.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pour ce qui est du premier point, je ne
comprend pas en quoi je devrais plus respecter les habitudes d’un classe
sociale (ou professionnelle) qu’elle ne devrait respecter mes habitudes. En
quoi je ne respecte pas mon patron ou mes collègues en n’étant pas habillé
comme eux ? Mes tenues vestimentaires sont-elles si insoutenables à la vue ? Je
connais tant de cadres et patrons qui, sous une façade impeccable, sont
incapable de montrer le moindre respect à leurs collaborateurs. Je dirais même
que statistiquement, le respect de l’autre est inversement proportionnel à la
qualité de l’étoffe... En gros, tant que mon activité professionnelle
n’implique pas de contacts avec l’extérieur, ce qui est le cas d’une majorité
d’employé qui travaillent dans ce qu’on appelle le “back-office”, je n’ai pas
d’obligation à être en “représentation”, donc mon seul engagement envers ma
société est de... bien faire mon travail. Me demander de m’habiller en costard
serait de l’ordre de la ségrégation vestimentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Quand au deuxième point, j’admet que c’est une
logique tout à fait valable : si je veux me faire accepter ou respecter dans un
groupe donné, je peux décider de mettre toutes les chances de mon côté. Et si
m’étrangler avec une cravate de soie en fait partie, je peux décider de m’y
conformer. Mais dans ce cas, il s’agit de pure opportunisme, et autant se
l’avouer ouvertement. Le problème c’est que la majeure partie du temps, ce qui
à l’origine n’est qu’une façon de se faire accepter, deviendra dans la bouche
de l’interessé, une question de “respect de l’autre”. (auquel cas, se reporter
au point 1.). Car soyons honnête : s’habiller en costard n’est pour personne un
acte naturel. Lorsqu’on est jeune et qu’on sort d’école, on le fait avant tout
parce que c’est la norme et qu’on veut se faire accepter. Mais comme ce n’est
pas très glorieux comme justification, on finit par l’intégrer comme étant un
fait établi indiscutable. Du coup, même lorsqu’on devient cadre dirigeant et
qu’on n’a plus rien à prouver à personne, on continue de s’habiller de cette
façon, à la fois par habitude, tellement ancrée qu’elle n’est plus
questionnable, mais aussi par peur profonde, primitive, d’être rejeté, même si
peu l’avoueront.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Mais il y a aussi une raison plus
insidieuse : pour les dirigeants, imposer le costume, serré au cou et au
manches, et une façon de serrer la vis sans même avoir à dire un mot, de façon
permanente, pendant toute la durée des heures de travail, C’est une sorte de
coercition latente, un appel continu au sérieux.&lt;/strong&gt; Car ne l’oubliez pas,
chers collaborateurs, le business, c’est sérieux. C’est mon argent que vous
manipulez quotidiennement. ça ne se fait pas à la légère. C’est pourquoi, même
arrivé aux plus hautes sphères de la hiérarchie, le cadre dirigeant et même le
PDG, continueront à obéir strictement à ce code vestimentaire afin de donner
l’exemple à toute la hiérarchie. Alors que les même se permettront de
transgresser les codes de language en tutoyant ouvertement certains employés,
pour mieux asseoir leur supériorité hiérarchique...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En définitive : respecter ce code vestimentaire
purement occidental, en dehors de toute logique de représentation vis-à-vis
d’un tiers, c’est donner son aval à la perpétuation d’un système de
constriction latente du travailleur dans notre société fortement tertiarisée.
Et si la majeur partie des employés l’acceptent sans broncher, c’est dans le
secret espoir qu’eux aussi, un jour, seront membres de cette classe dirigeante
ubuesque...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;ins&gt;&lt;strong&gt;Epilogue&lt;/strong&gt;&lt;/ins&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On se souvient encore du G8 de l’été dernier,
où, sous prétexte de sauvegarde de l’environnement, les participants avaient
été officiellement “autorisés” à faire tomber la veste, ce qui permettrait de
réduire substantiellement la facture de climatisation des bâtiments hôte. Geste
symbolique dérisoire face à ces milliers d’entreprises de par le monde, où des
cadres à haut potentiel se promènent à longueur d’année avec le même apparat.
Qu’il fasse -20° ou + 30°, au mépris total des saisons, totalement déconnectés
de la nature... Qu’on ne s’étonne pas alors qu’ils n’aient pas vue venir le
réchauffement climatique...&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.bouddhas-egoistes.net/post/2008/11/06/De-l-absurdite-des-conventions-sociales-europeennes-appliquees-aux-colonies#comment-form</comments>
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  <item>
    <title>Blog en friche...</title>
    <link>http://blog.bouddhas-egoistes.net/post/2008/09/07/BLOG-INDISPONIBLE</link>
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    <pubDate>Sun, 07 Sep 2008 20:05:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Balou</dc:creator>
            
    <description>    &lt;p&gt;...pendant au moins cinq semaines pour cause de tournage au pays !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;guadab2007.jpg, sep 2008&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.bouddhas-egoistes.net/public/./.guadab2007_m.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rendez-vous fin octobre!&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.bouddhas-egoistes.net/post/2008/09/07/BLOG-INDISPONIBLE#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Le principe d'identification</title>
    <link>http://blog.bouddhas-egoistes.net/post/2008/08/20/LE-PRINCIPE-D-IDENTIFICATION</link>
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    <pubDate>Wed, 20 Aug 2008 13:47:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Balou</dc:creator>
            
    <description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;En entreprise, on appelle ça la
“culture d’entreprise”&lt;/strong&gt; : un salarié qui s’identifie à sa boîte est un
salarié qui fera sienne les problématiques de l’entreprise, au dépend même des
ses intérêts personnels. A l’échelle d’un pays, ça devient tout simplement du
“nationalisme”, au sens propre du terme, sans la connotation négative qu’on
attribue généralement à cette notion. Promouvoir la fibre nationale est le
meilleur moyen de faire communier tout un peuple dans une direction commune et
galvanisante ! Tous ensemble derrière notre armée ! Tous ensemble derrière nos
athlètes ! L’heure n’est pas à la réflexion, ou à la remise en question, mais à
l’encouragement. Le principe d’identification permet de faire croire à l’autre
que “mes intérêts sont tes intérêts, capito ?”. En s’identifiant à une valeur
symbolique supérieur, plus rarement à un personnage, on devient l’autre, on
intègre donc ses enjeux et ses intérêts.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Conséquences perverses du principe
d’identification&lt;/strong&gt; : on en arrive à ressentir de la “fierté” pour des
événements qui ne nous concernent absolument pas, ou pire, on en vient à
considérer comme positifs des comportements pourtant totalement opposés à nos
valeurs.&lt;/p&gt;    &lt;strong&gt;Par exemple :&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
- En m’identifiant à ma boîte, je vais peut-être considérer comme un véritable
succès une OPA hostile contre un concurrent, je vais même en ressentir un
certaine fierté. Pourtant l’OPA n’en reste pas moins hostile et largement
criticable d'un point de vue éthique.&lt;br /&gt;
- En m’identifiant à mon pays, je vais applaudir Lagardère qui vient de signer
un contrat en or pour livrer... des armes de toutes sortes à une dictature
avérée (ou à n’importe quelle démocratie d’ailleurs).&lt;br /&gt;
- De même, je vais supporter de tout mon coeur une équipe de milliardaires en
short, tous passibles d’évasion fiscale caractérisée, ou alors un type que je
ne connais ni d’Eve ni d’Adam qui concoure pour une médaille dans une obscure
discipline que je n'avais jamais entendu parlé avant l’ouverture des
Jeux...&lt;br /&gt;
- Sans parler de la fierté absolument infondée que l'on peut ressentir lorsque,
au hasard, une actrice française gagne un Oscar outre-atlantique...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Pourtant j’ai beau chercher, je ne
comprend absolument pas l’intérêt pour moi ou n’importe lequel de mes
concitoyens, de voir Marion Cottillard récompensée pour sa prestation, de voir
la France gagner la coupe du monde, ou gagner une quelconque médaille aux jeux
olympiques&lt;/strong&gt;. Le sentiment de fierté nationale ? Mais alors je ne
comprend pas sur quel fondement je peux légitimement ressentir une quelconque
fierté ? Ce n’est pas moi qui court sur le terrain, je ne suis pas
l’entraîneur, je ne suis pas de la famille, je ne suis même pas en train de
gueuler dans les gradins ! En gros je n’ai aucune responsabilité dans la
victoire. De quel droit, et dans quel intérêt, puis-je affirmer “On a gagné !”
?! Moi je n’ai rien gagné du tout, j’étais tranquillement affalé dans mon
fauteuil devant la télé...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je ne vois pas l’intérêt non plus d’être fier
des entreprises françaises qui réussissent à l’international. Personnellement,
je travaille dans une entreprise italienne que se fait actuellement racheter
par une société française, et je peux vous assurer qu'il n'y a absolument
aucune différence. Une multinationale française, américaine ou japonaise reste
un multinationale, dont le seul objectif est de maximiser les profits en
minimisant les coûts. Donc quel que soit l’origine, la multinationale, par
nature, aura une tendance à l’exploitation des ses employés, en France ou en
Chine, c’est la même chose. Quelle raison y a t'il d'être fier du succès d'une
entité dont le moteur principal est le profit et dont la réussite dépend de sa
capacité à exploiter ses salariés sans qu'ils s'en rendent compte ? Non,
décidément, je ne vois pas.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A la rigueur, si Ghandi était français,
j'aurais pu ressentir une certaine fierté de vivre dans un pays capable
d'engendrer une telle personnalité. Mais ce serait tout aussi injustifié,
puisque, en ce qui me concerne, je suis loin d'avoir la sagesse d'un
Ghandi...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Autre exemple absurde que je connais
bien : l’identification des jeunes cadres aux valeurs de l’entreprise.&lt;/strong&gt;
Alors que ces derniers sont souvent exploités en terme d’horaires, et même de
salaire (comparé aux salaires des managers), il sera très difficiles de générer
une quelconque mobilisation sociale pour défendre leurs droits. Car ces jeunes
cadres dynamiques s’identifient à l’avance avec la “direction”, catégorie
sociale dont ils savent (ils croient?) qu’ils feront partie à terme. Ils ont
donc déjà intégré les valeurs de celle-ci à l’avance, acceptant donc que les
intérêts de la direction sont supérieurs à leurs intérêts propres. Chez ces
jeunes cadres, il y a un conflit interne permanent entre la conscience qu’ils
ont des soit-disant impératifs du fonctionnement d’une entreprise (“On peut pas
concrètement augmenter tout le monde !”, “Il faut que tout le monde se donne à
fond pour que l’entreprise soit compétitive”...) et la conscience de leur
propre situation d’exploité... Mais ne nous attardons pas sur ces cas, ce ne
sont clairement pas les plus à plaindre ;o)&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Mais alors pourquoi est-ce que nous
tombons dans le panneau ? Pourquoi ressent-on ce besoin impérieux de
s’identifier à des valeurs supérieures, à sa ville (“Allez Marseille!”), à son
département (“Je suis du 93!”), à sa boîte (“Je bosse chez Microsoft”), à son
pays (“Vive la France!”) ?? Et surtout : à qui profite cette tendance naturelle
de l’humain ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En fait, l’identification, si elle est
clairement aliénante (elle nous oblige à intégrer des valeurs qui ne sont pas
notre), elle est aussi fédératrice : on s’identifient ensemble à un unique
symbole, et ça nous permet faire partie d’une même “famille”, entreprise,
région, pays... Et l’ego, ça le rassure de faire partie d’un groupe, d’être
dans la normalité. L’identification a aussi pour effet de nous positionner : en
faisant partie de cette famille, ça sous-entend que l’autre famille, l’autre
entreprise, l’autre pays... est un “ennemi”, ou tout du moins, un “adversaire”.
Et avoir un adversaire permet à l’ego de se sentir vivant, de ressentir
d’autant plus son identité, son individualité. L’ego a besoin de l’autre pour
affermir ses contours.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;A l’échelle du pays, l’ego, c’est la
nation&lt;/strong&gt; : pour affermir la conscience nationale, pour consolider les
frontières, physiques et culturelles qui feront le ciment d’un pays, un
gouvernement aura toujours tendance à valoriser la notion de nation. Pour cela
il utilisera des subterfuges “positifs” comme la culture nationale ou le sport,
qui en soit sont plutôt des valeurs sympathiques. Mais derrière cette
dynamique, l’objectif sous-jacent du gouvernement, quel que soit le pays, est
de pérenniser son pouvoir. Pour ce faire, il a tout intérêt à ce que chaque
citoyen s’identifie non pas à l’espèce humaine, dans lequel toute entité
déterminée court le risque de se diluer mécaniquement, mais au cercle plus
réduit qu’est la “nation”.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.bouddhas-egoistes.net/post/2008/08/20/LE-PRINCIPE-D-IDENTIFICATION#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Le pékin moyen et les JO</title>
    <link>http://blog.bouddhas-egoistes.net/post/2008/08/10/Le-pekin-moyen-et-les-JO</link>
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    <pubDate>Sun, 10 Aug 2008 13:34:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Balou</dc:creator>
            
    <description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Incroyable commentaire sur France Inter
le jour de la cérémonie d’ouverture des JO :&lt;/strong&gt; alors que le journaliste
décrit avec éloge (sur ce ton enjoué que savent prendre les commentateurs
sportifs lors de grands évènements calendaires) les superbes installations
sportives construites en un temps record par le gouvernement chinois, il
enchaîne sans transition, en précisant, sur le même ton, que plus de cinq mille
personnes ont été expulsés, soit tout un quartier populaire historique
complètement rasé afin de laisser place à ce magnifique stade olympique...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On percevait certes une légère altération de
l’intonation de l’animateur qui laissait comprendre aux auditeurs les plus
attentifs qu’il s’agissait en fait d’un reproche. Mais la distinction était
tellement subtile que je doute qu’elle ait été clairement perçue. Sur le coup,
c’était plutôt comme si le journaliste énumérait avec entrain l’ensemble des
caractéristiques techniques de l’évènement : “Quatre ans de travaux acharnés,
cinquante mille tonnes de bétons coulés, cinq cent tonnes de gazon artificiel,
et près de cinq mille habitants expulsés ! Un véritable exploit architectural
!”&lt;/p&gt;    &lt;br /&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Après cette mention succinte de l’impact humain
de l’évènement, le reportage a d’ailleurs repris son court plus classique en
évoquant les superbes animations qui attendaient les spectateur de cette
incroyable cérémonies d’ouverture.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Cinq mille personnes sont jetées
dehors, un quartier historique (parmi d’autres) mis à terre, et sur France
Inter on continue comme si de rien n’était, car la grande fête du sport vaut
tous les sacrifices !!! Vous avez dit cynique ?&lt;/strong&gt; Je n’ai pas vue la
retransmission télé, mais je doute qu’ils aient été plus compatissants.
Imaginez une seconde qu’on rase la Goutte d’Or à Paris ou l’Estaque à Marseille
pour y construire un stade olympique à 70 euros le ticket d’entrée minimum, ça
jetterait comme un froid sur les épreuves d’athlétisme, non ?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Ainsi l’élément central des équipements
des jeux de 2008, le grand stade, s’est construit sur un acte symbolique fort :
l’expulsion de milliers de petite gens sans droits (on parle de plus d'un
million de personnes au total!). Il est beau l’esprit olympique ! Cet acte
justifie à lui seul le boycott des jeux entiers, et pas seulement la cérémonie
d’ouverture !&lt;/strong&gt; Alors, rajoutez à ça le massacre des moines tibétains et
l’annihilation de la culture bouddhique, la persécution des peuples ouigours,
la destruction inconsidérée des ressources et espaces naturelles, la peine de
mort à échelle industrielle, les conditions de travail moyen-âgeuses, le
muselement de la presse... Bref, si le gouvernement chinois, tentaculaire et
incontrolable, devait par chance passer devant le Tribunal Pénal International,
il serait certainement passible d’une peine cumulés de plus de 20 millions
d’années de réclusion...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Qu’on soit journaliste, sportif ou spectateur,
célébrer les JO de Pékin, sans rien y redire, en se focalisant sur “la fête du
Sport”, c’est un peu comme aller pendre la crémaillère chez notre nouveau
voisin Augusto Pinochet en lui apportant une bouteille de champagne et des
fleurs...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Mais ce n’est pas la seule raison qui
justifie de boycotter (ou saboter ou protester contre) les Jeux à mes yeux. En
cherchant à localiser les manifs anti-JO-de-Pekin sur Internet&lt;/strong&gt;, je
suis tombé sur le site de RSF &lt;a href=&quot;http://www.rsf.org/&quot;&gt;http://www.rsf.org/&lt;/a&gt; qui propose de s’inscrire à une
manifestation en ligne... Je passe sur le concept Cybermanifestation, qui
s’inscrit à la fois dans une perspective novatrice pour renouveler les modes de
militantismes, tout en étant un rien démago selon moi (faire croire aux
internautes qu’on peut désormais manifester, et peut-être changer le monde,
sans bouger de chez soi...). Ce qui m’a bizarrement choqué, c’est le choix des
slogans que peut choisir le cybermanifestant : “Je boycotte la cérémonie
d’ouverture des JO”, “Libérez les prisonniers olympiques”, “Oui au sport, non à
la répression”, “Idéal olympique trahi, CIO complice”, “Pas de fête olympique
sans libertés”.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Rien de bien méchant, vue comme ça, mais alors
que j’essayais d’en choisir un pour compléter mon inscription (par curiosité
;o), je me suis rendu compte qu’aucun d’eux ne reflétait MA raison éventuelle
de manifester.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Car ce n’est pas Pékin qui me pose un
problème moral, c’est les Jeux eux-mêmes, et avec eux, notre conception biaisée
de ce qu’on appelle le “sport”...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;“Oui au sport, non à la répression”. Non mais
sans blague, que reste-il véritablement du “Sport” dans l’organisation des JO
aujourd’hui ? Je veux dire le sport du peuple, le sport qu’on pratique, pas
celui qu’on regarde...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La constructions d’installation monumentales
aura quel intérêt pour le petit gamin du quartier qui voudrait bien se mettre
au tennis ? Combien de stades de quartier on aurait pu construire pour le prix
d’un stade en forme de toile d’arraignée en titane ?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Non, les JO ne célèbrent pas le sport
populaire, le sport pour tous : les JO célèbrent le “spectacle du sport”, le
sport à regarder, formaté pour la télé, au sein d’installations pharaoniques,
avec une cérémonie en son et lumière qui attire plus de monde que n’importe
quelle discipline. Les sommes astronomiques débloqués par les gouvernements
feront sans doute plus pour redorer l’image de marque comme Asics et Adidas que
pour valoriser et permettre le sport pour tous.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les JO ne célèbrent pas non plus le sport comme
activité indispensable pour trouver un certain équilibre avec son corps : les
JO célèbrent le sport extrême, au point de devoir dépasser ses propres limites
pour gagner l’autre, au mépris de son propre équilibre.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J’exagère sans doute un peu, car on retrouve
sans doute encore, dans certaines disciplines peu médiatisées (donc moins
sponsorisables), un esprit bon-enfant plus simple et plus sain. Mais ce n’est
certainement pas la direction générale que souhaite prendre le CIO. Ces
disciplines, souvent soutenues par des personnages hors-normes qui acquièrent
l’affection du public, permettent au contraire de justifier tout le
système.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Car au delà du sport, c’est tout un
système de valeur qui est prôné par les JO : en mettant sur un podium l’“esprit
de compétition” comme valeur phare de l’humanité, les JO sont en fait à
l’avant-garde du capitalisme le plus hypocrite.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En effet, sous l’égide d’une activité dont
l’importance est apparemment indiscutable, le “Sport”, les JO mettent en avant
un comportement idéal : l’esprit de compétition, et accessoirement l’esprit
d’équipe (tiens, ça ressemble mot pour mot aux valeurs de l’entreprise
moderne...).&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On pourrait déjà remettre en cause la notion
même de sport, qui se résume malheureusement trop souvent en occident au simple
fait de “bouger son corps selon les règles spécifiques d’une discipline”. La
perception holistique du sport, comme activité physique essentielle à notre
l’équilibre corps-esprit, manque cruellement dans l’enseignement public de la
plupart des disciplines classiques qui se focalisent principalement sur les
règles du jeux, l’efficacité et surtout, la victoire. Même les arts-martiaux,
lorsqu’ils deviennent des “sports” officiels, qu’ils s’organisent en fédération
avec des “dan” et des tournois, et à fortiori lorsqu’ils deviennent des
disciplines olympiques, perdent progressivement leur versant “spirituel”
pourtant inhérant, pour devenir de simples activités physiques...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Mais revenons à l’“esprit de
compétition”. Si cette notion revêt aujourd’hui une valeur positive, c’est
avant tout parce qu’elle est fortement agrée et véhiculée par les
leader/createurs d’opinions :&lt;/strong&gt; les dirigeants d’entreprise, les
politiques, les médias mais aussi l’éducation. Et c’est fort compréhensible
puisque la compétition est le pivot central du libéralisme : la “main
invisible” d’Adam Smith, le “laisser-faire, laisser-passer”, tout cela s’appuie
sur la compétition comme valeur de base synonyme de justice, puisqu’elle donne
sa chance à tous, sans avantager qui que ce soit. Mais cette justice est un
leurre. Car, que ce soit dans le domaine du sport, comme de l’entreprise,
l’esprit de compétition sert avant tout les plus forts. La grande masse des
gens moyens (vous et moi, sauf si vous êtes champion de judo) en est exclue.
D’où l’intérêt des puissants de ce monde de conforter cette valeur
(inconsciemment, car ils baignent dedans), de la sponsoriser à outrance afin
que tous s’y conforme, au même titre que les nations les plus riches tentent
depuis des siècles d’imposer le “libre échange”, avatar commercial de l’esprit
de compétition...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On retrouve d’ailleurs cet esprit à son
paroxysme dans le dernier évènement de communication de Nike : the Human Race.
&lt;a href=&quot;http://nikeplus.nike.com/nikeplus/&quot;&gt;http://nikeplus.nike.com/nikeplus/&lt;/a&gt;.
Une course mondiale de 10km mettant tout le monde en concurrence, quel que soit
le lieu. L’affiche fait peur : des milliers de personnes sur une ligne de
départ, attendant le top, tous prêts à en découdre. Chacun pour soi, que le
meilleurs gagne !&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;On pourra objecter que la compétition à
permis, dans une certaine mesure, le développement de l’humanité. Certaines
découvertes, certaines inventions n’auraient peut-être pas été faites sans
cette émulation inhérente à l’être humain...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C’est vrai. Mais à quoi bon? Car en parrallèle
cet état d’esprit, associé à d’autres travers de l’être humain, est aussi à
l’origine de toute les guerres de ce monde. C’est une des formes de l’“esprit
de compétition” qui permet aux dirigeant de galvaniser les foules pour partir
au combat.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Jamais la compétition n’a servi à rendre
l’homme plus sage. Il n’y a pas de “compétition” quand il s’agit d’être plus
humain, plus altruiste, plus à l’écoute, d’aider les autres, ou de travailler
ensemble pour améliorer le sort de tous. Bien au contraire, dans ce cas, c’est
contre nous même qu’on doit se battre.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L’esprit de compétition, qu’on nous transmet
déjà via le système de notation primitif de l’éducation national, parfois
depuis l’école maternelle, en nous déculpabilisant de rouler pour notre gueule,
nous éloigne mécaniquement de toute envie de travailler et se développer
ensemble. Même dans les sports d’équipe : on y valorise soit-disant la
cohésion, mais seulement dans une optique de confrontation... avec une autre
équipe.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;L’esprit de compétition s’appuie
forcément sur notre égo, pour trouver l’énergie de dépasser l’autre.&lt;/strong&gt;
L’esprit de compétition nourrit constamment notre orgueuil et notre besoin
d’être meilleur que les autres. Sans orgueil, pas de compétition. Or, à ma
connaissance, l’orgueil n’a jamais été source de réussite commune, ni de
relations saines avec les autres, ni encore moins de bonheur de la
communauté.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Un être humble ne ressentira pas le besoin de
se confronter aux autres pour gagner ou voir qui est le meilleur. Un être
humble en revanche sera ravi de “jouer”, gratuitement, sans enjeux, pour la
beauté du geste. C’est là la vrai signification du mot “Jeu”.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Car aujourd’hui, que reste-t’il de la
notion de “Jeux” dans JO&lt;/strong&gt;, lorsqu’il y a tant d’enjeux commerciaux,
d’enjeux nationaux, lorsque tout les compétiteurs sont poussés à battre des
records, lorsque la pression est si forte qu’ils se droguent pour y arriver,
lorsque seul compte le nombre de médailles ammassées et non plus le plaisir
qu’on a eu à participer ou à suivre les épreuves...&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.bouddhas-egoistes.net/post/2008/08/10/Le-pekin-moyen-et-les-JO#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>De l´avarice dans les revendications sociales</title>
    <link>http://blog.bouddhas-egoistes.net/post/2008/07/22/De-lavarice-dans-les-revendications-sociales2</link>
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    <pubDate>Tue, 22 Jul 2008 19:29:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Balou</dc:creator>
            
    <description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Dans ma vie diurne&lt;/strong&gt;, il se
trouve que je suis en poste dans une société de télécommunication parisienne
qui est sur le point de se faire avalé d´une bouchée par un gros prédateur du
secteur. Inutile de préciser que cette acquisition donnera très probablement
lieu à un plan de licenciement d´envergure, étant donné les multiples «
doublons » de part et d´autres des équipes.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le milieu professionnel est plutôt jeune,
profil cadres high-tech pour la plupart, et je ne crois pas me tromper en
disant qu´un plan social ne provoque pas le même niveau d´angoisse chez nous
que dans une usine de montage de moteurs de Solex en territoire de Belfort...
Bien que les profils soient divers, au global, que ce soit les informaticiens,
les commerciaux ou les marketeux, la pluparts sont assez confiants dans leur
capacité à trouver un emploi après, d’autant que le bassin d´emploi est plutôt
bien achalandé. Il faut préciser aussi qu´un bon nombre de salariés sont là
depuis plus de 5 ans, et c´est déjà une éternité dans ce milieux. Donc si on
leur donne l´occasion de changer de boîte sans démissionner, ils diraient pas
non... Donc j´évaluerais la peur « de perdre son emploi et de ne pas en trouver
après » à 4/10 en moyenne chez nous, contre 9/10 dans l´usine Solex...&lt;/p&gt;    &lt;br /&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En tant que délégué du personnel, je participe
depuis le début aux échanges avec les salariés concernant le projet de cession.
En effet, ça fait maintenant plus de 6 mois que la cession est officiel, et
depuis lors, voire même avant, nous nous battons pour négocier des garanties
d´emploi avec la direction, avec le soutien très relatif des salariés,
également collègues. Mais jusque là, il s´agissait de déclarations de
principes, sur la sauvegarde des emplois, le timing de négociation d´un
éventuel plan social, le maintien des mandats des représentants... Pas très
sexy pour les salariés.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Voilà que tout d´un coup, au détour
d´une négociation, apparaît le premier chiffre : 35.000 ! Salariés ? Non.
35.000 EUROS.&lt;/strong&gt; Le plafond proposé par la direction comme indémnité de
licenciement. Le bouche-à-oreille marche alors à toute vapeur. En moins de deux
jours tout le monde est au courant. Une réunion est organisé par un syndicat et
là, c´est la cohue : plus de monde qu´on n´en a jamais vue en AG auparavent. Et
en colère avec ça : &amp;quot;Innacceptable !&amp;quot;; &amp;quot;C´est du vol !&amp;quot;; &amp;quot;C´est une blague ?&amp;quot;;
&amp;quot;Les OS sont des vendus !&amp;quot;; &amp;quot;Bandes d´incompétents !&amp;quot;; Et tout ça pour un seul
petit chiffre.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Donc voilà que du jour au lendemain, des cadres
à haut potentiels, pour la pluparts issus de grandes écoles, ammenés à être un
jour ou l´autre cadres dirigeants dans une multinationale, qui ont voté CGC à
40% (syndicats des cadres) et votent très certainement à droite depuis qu´ils
sont en âge de voter, qui s´insurgent régulièrement contre ces fainéants de
fonctionnaires accrochés à leurs privilèges... et bien les voilà qui se
transforment en dangereux trotskystes militants bec et ongles pour une juste
compensation du travail fournis pendant leur quelques années de travail
pourtant déjà grassement payés. Les voilà prêts à bloquer toute négociation si
la direction se refuse à offrir mieux, eux qui hier trouvaient innadmissible la
prise en otages des camionneurs ou des prof qui gagnent pourtant 2 fois moins
qu´eux. Les voilà prêts à sortir les banderolles rouge sur blanc pour réclamer
leur indemnité de licenciement. Prêts à défiler au côté des pires extrémistes
CGT de l´usine Solex... tout en les traitant de bolchéviques.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;On se serait cru dans une réunion de
famille procédant à la séparation des biens suite au deuil du papa
millionnaire. Sauf que là, il ya avait 200 héritiers présents. Tous sur les
dents, la rancoeur au bord des lèvres, prêt à tout pour défendre leur part du
magot. Car dès que l´argent entre en jeux, la raison abdique : on ne pense
rationnellement. Le cerveau se focalise sur une seule chose : récupérer le plus
de fric possible, quitte à adapter tous nos raisonnements, notre éthique, nos
valeurs pour qu´ils se conforment et justifient ce désir plus fort que tout :
l´argent.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Trait commun à bon nombre d´énervés : ils
dissimulent leur véritable motivation sous le vernis plus ou moins explicite de
la lutte sociale...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais alors où étaient-ils quand il fallait
défendre des valeurs, des engagements, une vision humaine du monde de
l´entreprise ?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L´entreprise se comporte comme le pire des
goujat : elle ment, elle triche, elle manipule... Qu´importe, on va pas changer
le monde, faut faire avec. Ca devient la normalité. On laisse couler.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L´entreprise refuse de lâcher quelques billets
: tous sur le pont !! On peut pas laisser passer ça !&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ce qui révolte aujourd´hui, ce n´est plus la
perte des valeurs, c´est le manque à gagner. En gros : le monde est pourris, je
n´arriverais jamais à le changer. Mais quitte à vivre dans un monde pourri,
autant avoir le maximum de fric.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Voilà que la valeur principale qui sous-tend
les actions des classes dirigeantes a été totalement intégrée par les classes
moyennes, qui pourtant en critique régulièrement les abus...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il ne faut pas faire d´idéalisme : les ouvriers
de chez Solex aussi seraient prêts à se mobiliser vaille que vaille pour
défendre un éventuel chèque de licenciement. Mais hormis le fait qu´ils
accepteraient volontiers la moitié de ce que nos cadres seraient prêts à
signer, ils ont l´excuse d´être à 9/10 sur l´échelle de l´angoisse face à la
perte de leur boulot. Ça justifie qu´ils essayent de se protéger en réclamant
une grosse somme... Dans le cas de nos cadres, je suis quasi certain que ce que
j´ai vu s´exprimer avec le plus de véhémence auront retrouvé un boulot avant
même d´avoir atteint la carence assedic. Leur indemnité viendra garnir leur bas
de laine... (et inversement, c´est sans doutes ceux qui gueulent le moins qui
auraient le plus de raison de gueuler...).&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;D´ailleurs, qu´il s´agisse du parachute
dorée ou de l´indemnité de licenciement plus classique, j´avoue que je ne
comprend pas la logique philosophique derrière ces « coutumes sociales » qui
font aujourd´hui jurisprudence, si ce n´est à dissuader l´entreprise de
licencier. Quelle justification à toucher un pactole ou un chèque de son
employeur lorsque celui-ci vous licencie ? Il me semble que c´est le rôle des
Assedic de s´occuper des personnes sans emploi. Ne serais-ce pas encore une
façon de privatiser une action sociale qui devrait être publique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Lorsque je pose la question autour de moi, la
réponse la plus commune est « Ben c´est normal d´être compensé lorsqu´on a
travaillé longtemps dans une entreprise ». Ah bon ? Pourquoi cela ? Est-ce que
vous donnez 12 mois de loyer à votre proprio quand vous déménagez ? Non,
décidemment je ne perçois pas la logique. J´en perçois l´intérêt (faciliter la
conversion, éviter une éventuelle chute brutale du budget du ménage...), mais
pas la logique directe. Et la plupart de ceux qui réclament cette indemnité de
départ sont incapable d´expliquer pourquoi ils y auraient droit, la considère
comme un dut, et non simplement comme une aide pour faciliter la suite... (Idem
pour les parachutes dorées, pour le coup, totalement injustifiables)&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Selon moi, le combat ne se situe pas là. Lutter
pour obtenir plus d´argent ne peut être qu´une manifestation explicite de
l´Ego. Les représentants syndicaux et les salariés qui se réveillent lorsqu´on
commence à parler gros sous invalident toute la légitimité du combat sociale,
qui justement doit se détacher des valeurs des dirigeants pour imposer d´autres
valeurs que l´argent : le respect, le bien-être, l´humanité... Si l´on doit
faire bouger les choses il faut se battre pour une plus grande transparence des
stratégies industrielles des grands groupes, pour une valorisation du travail
sur le profit (une entreprise devrait être considérée comme efficace si elle
procure du travail au plus de monde possible et dans les meilleures conditions,
non ?), pour une meilleure communication de la part de la direction, pour une
plus grande considération des employés, pour une meilleurs répartition des
revenus de l´entreprise...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;D´ailleurs, si nous n´étions pas tous
si biaisés pas cette avarice, on ne réclamerait même plus d´augmentation de
salaire. Il serait bien plus sage de se mobiliser pour la BAISSE des gros
salaires... Ce serait une façon de dire : non, je ne réclame pas pour ma pomme,
mais pour un rééquilibrage général des revenus. C´est ça la vraie lutte
populaire, pour le profit de tous et non pour favoriser ces propres intérêts
(qui se trouvent être les mêmes que quelques autres). Mais c´est là une forme
de « décroissance » absolument inconcevable dans notre société de fuite en
avant permanente...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.bouddhas-egoistes.net/post/2008/07/22/De-lavarice-dans-les-revendications-sociales2#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Le progrès : à prendre ou à laisser !</title>
    <link>http://blog.bouddhas-egoistes.net/post/2008/07/01/Le-progres-%3A-a-prendre-ou-a-laisser</link>
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    <pubDate>Tue, 01 Jul 2008 22:21:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Balou</dc:creator>
            
    <description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lorsqu’on a le malheur de remettre en
cause les bienfaits du progrès technique dans un dîner en ville, il est très
fréquent de se voir rétorquer le fatidique “Ben quoi ? Tu voudrais qu’on
retourne à l’âge des cavernes, c’est ça ?”. Après quoi l’assistance se met
généralement à rire grassement de l’infantilisme de celui qui a daigné
critiquer la valeur la plus noble et la plus saine de
l’humanité...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Bon, j’exagère un peu : ça dépend sans doute
des interlocuteurs, et du milieux dans lequel on évolue à ce moment précis...
Néanmoins, même chez des personnes très instruites, curieuses et ouvertes
d’esprit, j’ai retrouvé cette argumentation exagérément irrationnelle pour un
sujet pourtant si rationnalisable.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Prenons deux exemples de dialogues
délibérément naïfs :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;    A - Le progrès technique peut être aliénant : dans les usines par exemple, plus
ils mettent de machines, moins les ouvriers ont de responsabilités et de
savoir-faire.
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;B - Ben quoi, tu voudrais qu’on reviennent à la
machine à tisser ? Et comment tu ferais pour acheter des tee-shirt ? Pourquoi
pas porter des peaux de bêtes pendant que t’y est ??!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;ou encore :&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A - Je n’ai pas de téléphone portable, je
trouve que ça n’améliore pas la communication entre les gens...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;B - Ben quoi, tu voudrais qu’on revienne au
télex peut-être ? Et pourquoi pas les bonnes vieille diligences du far-west, ou
les signaux de fumée tiens ?!!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;(notons que les réponses apportées par B
risquent d’être substantiellement différentes selon que A est une jeune hippie
au pantalon barriolé ou un professeur de la Sorbonne grisonnant en
costume-cravate, mais ça c’est un autre sujet...)&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;La plupart du temps, cette réplique est
exprimée avec un mélange de mépris et de subtile raillerie :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mépris, car celui qui remet en cause le progrès
ne peut être qu’un doux rêveur dont la seule ambition dans la vie est de passer
ses journées à se dorer le cul au soleil en sculptant des cendriers en noix de
coco.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mépris car cet homme n’a clairement pas intégré
que le rôle de l’homme est de se développer, inventer, créer les conditions
nécessaires pour l’extraire de son animalité, et d’aller toujours plus loin,
vers l’infini et au-délà...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mépris aussi face à l’irresponsabilité de celui
qui n’a pas pris conscience que le progrès et la science sauvent chaque jours
des milliers de vies, et nous apporte le confort qui nous permet de nous élever
au delà des contingences de la nature. Il est révélateur de noter que la
médecine reste l’argument préféré du défendeur à tout crin du progrès, car
sauver des vies demeure un acte inattaquable et sacré...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Quant à la moquerie, elle permet tout
simplement d’éluder toute remise en question de cette valeur universelle qu’est
le progrès. La moquerie, comme l’indignation, permet d’occulter la réflexion
rationnelle. Se moquer de l’autre, c’est en soi le discréditer face aux autres,
et créer une forme d’intimidation qui rend difficile la réplique. Sauf à avoir
une assurance démesurée, celui dont on se moque est touché émotionellement : il
se sent rejeté, marginalisé, incompris, non-reconnu dans sa perception du
monde, et parfois même infantilisé, en échos aux épisodes de ce type qu’une
grande majorité des humains connaissent enfant. Dans cette situation, il
répondra alors de façon émotive, avec des difficultés à rationaliser son
argumentation, et donc à se faire comprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Un des rôles de la raillerie dans les
inter-relations sociales est de déstabiliser l’autre. Celui qui se moque le
sait, quoiqu’inconsciemment. Dans notre cas, la moquerie permet donc de ne pas
se lancer dans une démonstration que l’on sait perdu d’avance, de même que
l’indignation permettra au croyant bien entouré de ne pas se lancer dans la
démonstration de l’existence de dieux...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Car, il suffit de quatre secondes de
réflexion pour démonter cette argumentation qui n’en n’est pas une, mais
simplement la manifestation d’un dogme transmis par des générations de
professeurs, de parents, de gouvernements, de généraux ou de chefs
d’entreprise.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En effet, tout se passe comme si le progrès
technique était un Pack Tout Compris : soit tu prends tout, avec tous les
méfaits que ça peut apporter. Soit tu laisses tout et tu retournes à l’âge des
caverne. TINA ! Comme le capitalisme selon Thatcher : Il n’y a pas
d’alternative (There Is No Alternative). Essayer de doser ne fait pas partie
des comportements acceptables. Pourtant, nombreuses sont les valeurs beaucoup
plus importantes en soi, que l’homme se permet de doser : la bonté, la paix,
l’amour de l’autre, le respect de la nature... Toutes ses valeurs, l’homme les
accommode à la “réalité”, en saupoudrant un peu par-ci, un peu par-là, en
fonction de ce qui l’arrange.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En revanche, la position majoritairement admise
concernant le progrès technique, c’est qu’il est inconcevable de le remettre en
cause, même partiellement.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Pourtant, cette valeur n’est pas
inhérente à la nature humaine.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Entre autres hypothèse, elle pourrait tout à
fait être le fruit d’une philosophie judéo-chrétienne qui pousserait l’homme à
vouloir dépasser la nature afin de se venger d’avoir été exclu de l’Eden...
(dis comme ça c’est un peu caricaturale, mais l’idée y est, même si ça laisse
un peu sur sa faim...)&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Par la suite, certains personnages “dominants”
de l'Histoire, déjà imprégnés de cette éducation judéo-chrétienne, se seraient
servies de ce prétexte pour développer une philosophie à la fois en accord avec
les valeurs religieuses, tout en leur étant profitable. (là encore, le
raisonnement laisse à désirer, j’avoue, mais continuons)&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;D’ailleurs, il suffit de se poser la question
“A qui profite le crime ?” pour percevoir que les dirigeants militaires,
économiques et politiques ont tout intérêt à adopter cette vision, dans la
mesure où elle leur est clairement favorable :&lt;br /&gt;
Le progrès donne l’avantage militaire.&lt;br /&gt;
Le progrès se monnaye.&lt;br /&gt;
Le progrès renforce le pouvoir de l’état.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Chacun intègrera alors individuellement cette
valeur, la transmettant à ses pairs, mais également aux autres classes
sociales, en tant que classe sociale de référence ou &amp;quot;prescriptrice&amp;quot; comme les
nomment maintenant les instituts de sondages. Je précise qu’il ne s’agit pas là
de la théorie du complot. Personne de &amp;quot;décide&amp;quot; de transmettre cette idéologie a
des fins de domination du monde. C'est bien plus subtil que cela : ça
s'apparente plutôt à un processus quasi-naturel de transmission de savoir et de
valeurs, aussi naturel que se transmet la politesse, le racisme ou les codes
vestimentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Mais il faut dire que l’adulation du
progrès technique se développe aussi sur un terreau fertile : le progrès
procure tellement de confort à notre petite personne que l’ego finit par en
nier les désagréments, les &amp;quot;externalités négatives&amp;quot; comme disait
je-ne-sais-plus-qui (Pareto ?) .&lt;/strong&gt; Le progrès est addictif dans ce sens
où il satisfait un certains nombre de nos désirs primitifs, ou, bien souvent,
nous évite tout simplement l’effort.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C’est tellement pratique d’avoir sa propre
voiture qu’on en oublie tous les inconvénients sur notre environnement de vie
et celui des autres : pollution, bruit permanent en ville, omni-présence dans
notre paysage visuel, construction d’autoroutes qui défigurent les campagnes...
En outre, plus personne ne remet la voiture en cause car ça voudrait dire : se
remettre à marcher, prendre le vélo (et, horreur suprême, risquer de suer!), ou
pire, prendre le bus ou le métro et côtoyer les voyous de la pire espèce...
Personne ne remet en cause l’avion car ça voudrait dire se priver de ses deux
semaines de CP à Bali, ou pour moi par exemple, de retourner voir la famille
dans mes îles... Personne ne remet en cause le téléviseur LCD à 99€ ou le
tee-shirt à 10€, quitte à en nier totalement les conditions de
production...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et c’est sans doute à cause de tout le confort
qu’il nous procure que le progrès technique nous tient par les coucougnettes.
Notre ego a bien conscience que s’il commence à remettre en cause le progrès
sur la base de principes rationnels, il risquerait de se priver de voiture, de
calculette, de poussette ultra-sophistiquée, de mixer, d’escaliers roulants, de
micro-onde, de téléphone portable... Le simple risque de perdre tout ça le
terrorise, même si ses craintes ne sont pas avérées. Du coup, il envisage le
pire, comme on le fait chaque fois qu’on panique : le retour à la barbarie, au
far-west, au moyen-âge, à l’âge des cavernes ! Bizarrement on ne dit jamais :
“Tu voudrais revenir à l’Empire Romain ?!”, car, avec la Grèce Antique, il
s'agit sans doute dans l'inconscient collectif d'un peuple hautement
civilizé... qui n'avait pourtant pas le quart du dixième des moyens
technologiques d'aujourd'hui. (certes ils avaient des esclaves, mais c'est un
détail de l'histoire...)&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;Je reste persuadé que ce n’est pas l’absence de progrès qui provoque le
retour de la sauvagerie, mais l’absence d’organisation, d’entraide, de respect,
de structure communes. La civilisation est avant tout caractérisée par la
capacité de l’homme à se rassembler et à s’organiser autour d’un objectif
commun, de préférence pacifique et fédérateur. Le progrès peut soutenir cette
dynamique, mais il reste à jamais une simple caisse à outil où l'homme doit
piocher, pas une fin en soi. Et il est indispensable de définir lesquels
des milliers d'outils à notre disposition sont véritablement utiles, au regard
des conséquences que leur usage engendre.&lt;br /&gt;
Parfois, il vaut mieux visser à la main, qu'avec une visseuse
électrique...&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.bouddhas-egoistes.net/post/2008/07/01/Le-progres-%3A-a-prendre-ou-a-laisser#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Qu'est-ce que t'imagines, toi ?</title>
    <link>http://blog.bouddhas-egoistes.net/post/2008/06/16/Quest-ce-que-timagines-toi</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:ea484ca5fb02d2cd462a5dea5bb762c6</guid>
    <pubDate>Mon, 16 Jun 2008 02:14:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Balou</dc:creator>
            
    <description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En arrêt de travail depuis quelques semaines
maintenant, je me trouve très souvent confronté en ce moment à un choix
cornélien : vais-je lire un bouquin ou matter un film ? A première vue, il
semble s’agir d’un de ces dilemmes infantiles de privilégié occidental qui ne
sait plus quoi faire de son temps... Que nenni. Si je soulève la question,
c’est que l’image prend une place de plus en plus prépondérante dans toutes les
sociétés en voie de modernisation. Elle ne s’adresse plus seulement aux
privilégiés des pays riches justement. De la famille française de Wazemmes qui
vit avec un smic et demi, à la famille de mongols nomades (voir la séquence
finale inquiétante de “Un chameaux qui pleure”) tout le monde peut désormais
s’équiper d’un téléviseur. Donc nous sommes tous, tous pays et toutes classes
sociales confondues, amené à faire ce choix entre regarder des images qui
bougent et faire une autre activité, comme la lecture ou toute autre
occupation, culturelle ou non...&lt;/p&gt;    &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et dans mon cas, c’est malheureux à dire, mais
je choisis majoritairement l’image qui bouge (qui peut être indifféremment un
docu, une émission plut ou moins intéressante sur le net, une fiction d’auteur
ou une série débile). Il n’y a pas si longtemps de ça pourtant, à une époque ou
des termes comme DVD, divx ou streaming n’étaient par encore dans le
dictionnaire, j’étais un grand lecteur de livres de toutes sortes, romans,
essais, nouvelles... Mais depuis la mise a disposition permanente d’une offre
audiovisuelle infinie, je rogne continuellement sur mes heures de lecture pour
me rabattre sur l’image.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Comme c’est le cas lors de résultats
électoraux, un majorité écrasante dans un sens ou dans l’autre conduit
évidemment à remettre en cause la validité du résultat ou du choix. Pourquoi
l’image l’emporte t’-elle sur les mots quasi systématiquement ? C’est le cas
dans ma tête à moi, mais c’est aussi le cas pour l’écrasante majorité de mes
concitoyens. Une brève enquête autour de vous suffirait à vérifier que l’image
animée est devenue l’activité culturelle et de divertissement la plus répandue
dans le monde moderne (sauf si votre entourage est constitué d’une majorité de
thésards mais ce n’est pas représentatif...). La question (et la réponses)
semblent évidente, mais y répondre de façon structurée et un tant soit peu
approfondie permet de dénouer certains mécanismes automatiques en jeu, dont
nous ne sommes pas forcément conscients dans l’action.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Tout d’abord, il faut poser comme préalable que
le cerveau, dans sa configuration d’origine (c’est a dire s’il ne s’est pas
encore lui même imposé de systèmes de valeurs ou s’il n’a pas encore
d’expérience positive d’une activité qui pourrait l’orienter dans une direction
en particulier) aura une tendance naturelle à se diriger vers l’activité la
moins fatigante, donc la moins complexe, et la plus spectaculaire. Par exemple
dans mon cas, si on me donne le choix entre une pizza Quatre Saisons et un plat
de haricot verts à la sauce, il y a de fortes chances que mon premier choix,
celui de mon instinct primitif, me porte sur la pizza : mon palais et mon
estomac appelle à la bonne grosse bouffe au goût spectaculaire, simple et
rapide à avaler. Pour peu que j’ai fumé un petit pétard peu auparavant, mon
cerveau embrumé, affamé et totalement insensible à l’auto-discipline ne se
posera même pas la question... Mais à la réflexion, je me souviendrais
peut-être que les haricots bio en sauce de ma copine sont divins, même s’ils
font appel à des sensations plus subtiles, pas aussi flagrantes que la pizza.
De même l’impression de satiété ne sera pas aussi imposant, mais mon corps sera
pourtant bien mieux nourrit au final. Une partie de moi-même sait, à la fois
par expérience, mais grâce à mon système de valeurs (par exemple “les légumes
c’est mieux que la pâte à pizza”) que les haricots de ma copine sont plus
appropriés. Avec le temps, cette expérience et le système de valeurs associé,
seront tellement intégrés en moi que je n’aurais même plus à passer par la
première réaction instinctive qui me faisait choisir la pizza majoritairement.
La pizza prendra alors un place plus proportionnée dans mon alimentation. CQFD.
(NB. Cette démonstration fonctionne aussi pour : les hamburgers, les kebabs, le
chinois, le chawarma, la crêpe jambon-fromage-oeuf dégueulasse de la place
Clichy...). Dans Mondo-Vino, Nossiter soulève la même problématique, mais entre
les vins de terroir et les soit-disant grands vins californiens.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Tout ça pour dire que l’image animée (qu’on
l’appelle film, vidéo, cinéma...) c’est fort, puissant, spectaculaire. Le
cerveau sait qu’il va être totalement mobilisé par des formes, des couleurs et
des sons en mouvement qui ne laissent la place à rien d’autre. Le spectacle est
total (bien que superficiel), il mobilise les deux sens les plus importants et
les plus simples : la vue et l’ouïe. Grâce à ces deux médiateurs , le récit
(qu’il soit de fiction ou explicatif) est immédiatement compréhensible, sans
traitement ni conversion : les images sont directement assimilables, sans
forcément avoir besoin de réfléchir. Les dialogues ou les commentaires “off” de
même. C’est l’effet Fast Food de l’image. On pourrait appeler ça le Fast
Entertainment.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Deuxièmement, il faut signaler l’effet
hypnotique que produit systématiquement un écran animé lumineux. Il n’y a qu’à
passer un quart d’heure dans un café ou un restaurant dans lequel a été
installé un écran plat (ça devient une obligation préfectorale semble-t’il)
pour s’apercevoir de l’attraction insidieuse de l’écran sur la clientèle. Je
suis particulièrement sensible à cette force quasi-magnétique donc je m’efforce
soit d’éviter ces lieux, soit de faire dos au(x) téléviseur(s), quand ils ne
m’encerclent pas. Mais j’ai vue des couples se placer côte-à-côte plutôt que
face-à-face, dans le seul but de pouvoir regarder la télé, alors qu’il n’y
avait même pas de match de foot. Des images qui bougent et qui en plus sont
d’un niveau de luminosité supérieurs à leur entourage vont automatiquement
attirer l’oeil du badaud. Une fois l’oeil attiré, il y a un autre effet que je
n’arrive pas encore bien à cerner, qui capte le regard de façon à rendre très
difficile d’en détourner les yeux. Le flux incessant d’images continue nous
incite peut-être à rester pour voir quelle image va bien pouvoir suivre celle
qu’on regarde à l’instant, et ainsi de suite ? Je n’en sais rien, mais un
biologiste ayant étudié la paralysie du crapaud face aux phares d’une voiture
aura peut-être une solution à nous apporter... Il est d’ailleurs intéressant de
noter que les écrans personnels sur les longs courriers ont d’abord été testés
sur les lignes à destination des DOM, afin d’assurer une meilleure “discipline”
en vol : les antillais ayant la “fâcheuse” tendance à ne pas rester sagement
assis sur leur siège pendant 7 heures d’affilés comme requis par la direction
d’Air France...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Un troisième facteur pourrait se nommer l’effet
de “mise en veille”. Face à toutes ces images “clés-en-main”, où la grande
majorité de l’information est fournie gratos, sans besoin de réfléchir,
d’analyser, d’imaginer quoi que ce soit, le cerveau peut se mettre en veille.
Chacun à son niveau, évidemment. L’état de veille n’est pas le même lorsqu’on
regarde Ardisson que lorsqu’on regarde un documentaire sur le Soudan. Le second
faisant appel à la fois à un réflexion sur le monde et surtout à des émotions
fortes, le premier étant tout à fait badin et inconséquent. Néanmoins, selon la
nature du programme, le cerveau se met plus ou moins “en veille” et se laisse
guider par la main, de façon très infantilisante finalement. Ce qui peut
également expliquer l’effet hypnotique dont on parlait plus haut : un besoin
universel de redevenir enfant, de se laisser guider, de lâcher-prise, dont la
déresponsabilisation et l’abdication de la raison sont deux conséquences
communes. Pour justifier ce moment de détente enfantin, beaucoup vont
d’ailleurs invoquer leur activité dite “adulte” : travail, pression, stress
donc besoin de se détendre et ne rien faire.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Enfin, de ces trois facteurs en découle un
dernier (du moins dans mon analyse actuelle) : l’addiction. Le cerveau
cherchera à renouveler cette expérience qui lui à plus et à qui il reconnaît un
pouvoir de satisfaction d’un besoin non-assouvis. Que ce soit vrai où non,
utile ou pas, en l’absence de système de valeur contraire, on de
contre-expérience, il en redemandera.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Lire ne revanche, demande un implication toute
autre : il faut lire des lettres et des mots qui se suivent, les comprendre et
leur donner un sens. Même adulte, ça reste un processus qui demande une
certaine concentration, de la réflexion. Et une fois qu’on a donné du sens aux
mots, il faut soit-même créer les images qui vont avec. Imaginer la disposition
d’un appartement, le caractère d’une rue, les traits d’un visage ou les formes
d’une héroïne splendide décrite à travers des lettres qui se suivent sur une
ligne est autrement plus compliqué que de voir Halle Berry se mouvoir de plein
pieds sur un écran HD 16/9ème... Oh, ça non, lire n’est pas non plus
spectaculaire à l’oeil : il s’agit le plus souvent de traits noirs sur des
feuilles blanches. En soi, totalement inintéressant, sauf si l’on a appris à
attribuer aux livres une valeur en tant qu’objet. Lire n’est pas non plus
hypnotique. Au contraire, lire demande une “volonté” de lire, ça ne nous vient
pas tout seul, il faut décider de suivre ces lettres et ces mots. On ne lit pas
en ouvrant simplement les yeux, ça demande une action volontaire de notre
part.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Enfin, lire est bien moins addictif (en dehors
des cas où l’on lit pour s’échapper de la réalité, ce qui est un autre sujet
qu’il serait intéressant d’aborder), sauf s’il s’agit d’un roman contenant du
suspense. Dans la plupart des cas, le cerveau sera plutôt soulagé d’une
interruption de la lecture, surtout s’il lit depuis un moment sans
interruption, ça lui permettra de se reposer les neurones un instant.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Donc le choix de regarder un écran plutôt que
faire autre chose, notamment que de lire, n’est pas innocent. Et même si on
apprend souvent beaucoup de choses via les films ou les documentaires, il leurs
manque cette activité cérébrale permanente qui consiste à décoder en permanence
des signes écrits, et surtout à imaginer les images qui leurs correspondent. Et
peut-être qu’en perdant ainsi petit-à-petit l’habitude d’“imaginer” les choses,
on en perd en même temps notre capacité à imaginer, à inventer, voire même à
envisager d’autres mondes possibles...&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Procrastination militante</title>
    <link>http://blog.bouddhas-egoistes.net/post/2008/06/06/Procrastination-militante</link>
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    <pubDate>Fri, 06 Jun 2008 01:58:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Balou</dc:creator>
            
    <description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Avec le multiplication de la consommation
culturelle, et surtout le développement du Net, s’est développé une activité
qui est sans doute une des raisons pour lesquels je vois mal un nouveau mai 68
survenir prochainement : la procrastination militante.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Définissons. Procrastination : en gros, le fait
de passer le temps au travers d’un tas d’activités passablement inutiles, ou
improductives, afin de toujours remettre à plus tard les tâches les plus
importantes, et par extension les plus chiantes. La procrastination militante
consiste à passer son temps de site alternatifs à forums de discussion
passionnés, en passant par les blogs activistes et leur inséparables
commentaires où l’on va “nourrir le troll” sans concession. Matter un film de
Naomi Klein sur Youtube, une vidéo des Yesmen, les émissions web de Arrêt sur
Image, écouter les podcasts de Daniel Mermet, lire les articles d’Agoravox, du
Rezo, signer une pétition, deux pétitions, trois pétitions... La liste est
infinie et s’allonge chaque jour. Je sais de quoi je parle, je suis le premier
à y passer des heures, à transférer à des potes quand ça vaut le coup, à en
parler au café devant une quatrième bière, à m’insurger de tel ou tel
évènement, à chercher tel ou tel documentaire dont on m’a dit du bien... C’est
tellement gratifiant de se sentir au courant de ce qui se passe, d’avoir
l’impression de penser “en dehors de la boîte”, de se dire qu’on n’est pas dupe
des médias, des politiciens, des grands dirigeants : moi ils ne m’auront pas
avec leur langue de bois et leur cachoteries financières, moi je sais, parce
que moi au moins je m’informe.&lt;/p&gt;    &lt;br /&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Bravo, c’est très bien mon petit, mais tu
crois que ça va changer quoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Ben je me ferais pas avoir au moins !&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Ah bon. Cite-moi une fois où le fait de
“savoir“ t’a permis de ne pas te faire avoir ?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Ben la constitution européenne par exemple !
J’ai voté contre !&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Et du coup ils l’ont supprimé ?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Euh, non, au final ils l’on passé quand même,
mais ils ont rusé.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Bravo, très utile.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Bref, aujourd’hui ”savoir” c’est un peu comme
le bac : ça sert à rien. C’est juste un pré-requis indispensable, mais avec
seulement ça en poche tu vas pas loin. Parcequ’on a beau “savoir”, ça ne nous
donne pas pour autant la possibilité de s’exprimer et encore moins d’agir. Car
quoi qu’on en dise, nous ne sommes qu’en démocratie indirecte, ce qui signifie
que nos moyens d’expressions et d’action sont filtrés par des intermédiaires,
et qu’entre la volonté du peuple et les orientations politiques, y’a tout une
tas de gars qui édulcorent le message... Bref. Telles que sont faites les
institutions aujourd’hui, s’informer et croire qu’on nous demanderas notre avis
est un leurre. S’informer doit être le premier pas menant à l’ACTION. Cette
action est néanmoins assez limitée, mais essentielle : engagement associatif,
politique, manifestation publique, grèves, médiatisation, information
(affichage, tractage...), “class action” du type 29mai.eu, mais aussi, mais à
un degré minime, en parler autour de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pour en revenir au sujet, on peut passer un
temps énorme à s’informer en croyant pourtant mener un combat politique
d’envergure. Le problème c’est que tout ce temps passé, sans qu’on s’en rende
forcément compte, est un temps pris sur l’action. En 68, la procrastination
militante prenait la forme de lecture de Bakounine et Marx (et bien d’autre
intello de gauche que je connais à peine, pardon). Autant dire qu’au bout des
quelques pages à piquer du nez, on a qu’une seule envie c’est rejoindre les
potes pour boire des bières et discuter d’un plan d’action. Aujourd’hui on peut
y passer ses soirées entières : des centaines de vidéo en stream sur
Dailymotion, des divx à télécharger gratos, la vod... On zappe, on zappe. Les
oeuvres engagés sont presque devenus des divertissements : de Bowling for
Colombine à Mondo Vino, c’est de la balle, on s’emmerde pas une seconde. On en
ressort gonflé à bloc certes, mais le lendemain on continue, on s’achète des
magazines, Marianne, Le Canard, la Décroissance, des bouquins, Storytelling,
Manuel d’Autodéfense intellectuelle... L’offre est pléthorique, accessible et
surtout : passionnante! On a l’impression d’être dans le vrai, de mener son
combat à son échelle, de démêler les arcanes du pouvoir. Alors qu’en fait on se
fait plaisir. On se flatte. On consomme de la rebellion. Ajouté à ça, les
divertissements plus conventionnels (tv, dvd, pc, ciné, cp, rtt...), qui ont
décuplés depuis 68, les enfants, l’achat d’un appart, la préparation du
marriage (un boulot à plein temps!), les brocantes, le shopping, les fringues,
les bars, les fêtes, les diners en villes... et hop, voilà, VOTRE CREDIT TEMPS
EST EPUISE. Il ne vous reste plus rien pour... militer. Toute la fange de la
population qui aurait dut venir en soutien des activistes engagés est
maintenant trop occupée à se faire plaisir... D’ailleurs, j’ai à ce sujet une
anecdote révélatrice : invités à se mobiliser pour un mouvement de grève d’une
journée entière afin de sauver leurs emplois, certains de mes collègues
hésitaient à participer car ils se demandaient ce qu’ils allaient bien pouvoir
foutre pendant toute une journée dans la rue devant les bureaux. Ils avaient
peur de s’ennuyer...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Voilà une des raisons pour lesquelles un
mouvement populaire d’envergure aurait sans doute du mal à prendre en 2008 : la
plupart des manifestants potentiels sont déjà pris ! Ils ont prévu d’aller à la
“Brocante solidaire” ou au “Pic-Nic contre la Faim de la monde” à Boulogne...
Mais ils ont laissé un mot sur le frigo : “On est de tout coeur avec vous!”...
Pathétique.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et si je m’énèrve comme ça, c’est parce que...
je parle aussi de moi. D’ailleurs faut que j’y aille... c’est moi qui apporte
le taboulé.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.bouddhas-egoistes.net/post/2008/06/06/Procrastination-militante#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Et si on gagnait au loto ?</title>
    <link>http://blog.bouddhas-egoistes.net/post/2008/06/03/Le-Loto</link>
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    <pubDate>Tue, 03 Jun 2008 20:05:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Balou</dc:creator>
            
    <description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L’autre jour on se posait la question de savoir
s’il fallait ou non participer à la machine à rêve hebdomadaire de la Française
des Jeux : le grande cagnotte du Loto.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Depuis que je suis gamin, l’espérence de gagner
un jour de quoi être éternellement à l’abri du besoin ressurgit à échéance
d’une semaine ou d’un mois, selon qu’on y pense ou pas en passant devant le
tabac. Comme Mac Do, le Loto est souvent lié à des moments de bonheur simple
avec ma mère, le samedi après les cours, en passant au tabac acheter le paquet
de Marlboro et pourquoi pas, un ticket de loto. On passe sur la mise en scène
du choix des numéros, chacun ayant sa façon bien à lui de sélectionner la
combinaison gagnante et de cocher, en appuyant bien sur le stylo, Bic de
préférence. On remet la grille au buraliste, qui nous l’échange contre un petit
ticket gris, et jusqu’au soir on s’imagine tout ce qu’on ferait avec tous ces
millions. Et puis hop, 20h, on perd et puis on passe à autre chose...&lt;/p&gt;    &lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://blog.bouddhas-egoistes.net/public/loto.jpg&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais tout de même, chaque semaine on a cette
fenêtre possible pour peut-être enfin sortir de notre misère quotidienne et
s’élever de plusieurs crans au dessus de la masse. Sauf que ça n’arrive jamais.
C’est une des plus belle inventions pour maintenir la population,
majoritairement modeste, dans un état de docilité permanente dans l’espoir
qu’un jour peut-être, elle aura sa chance. Au Loto s’ajoute aujourd’hui tous
les jeux d’argents divers mais aussi les émissions du type Nouvelle Star,
Popstar ou Star Ac qui fonctionnent selon le même principe. Même Internet (via
les blogs, youtube et autres MySpace...) participe également de cette machine à
espoir savamment entretenue par les médias et les groupes de divertissement,
sans pour autant qu’ils se rendent vraiment compte de ce qu’ils font
d’ailleurs, tant que ça ramène du fric...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Bref, mais là n’est pas vraiment la question,
on connaît depuis longtemps le rôle de régulateur de tension sociale de la
loterie nationale, comme ont pu l’être en leurs temps le charivari et la
carnaval.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La question qui se pose aujourd’hui est d’ordre
plus pratique : faut-il ou non participer à cette entreprise d’exploitation des
émotions humaines et de mise en avant permanente de la valeur “argent” ?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A ça je répond (temporairement) par le
raisonnement suivant : je met de côté volontairement la nécessité d’intégrité
avec ces propres valeurs pour me concentrer sur le but final. Car
effectivement, je n’approuve pas le principe même de la Loterie (lorsqu’il
s’agit de sommes faramineuses) et encore moins les valeurs que la Française des
Jeux véhicule via son positionnement publicitaire drôle certes, mais
odieusement cynique. En revanche j’aimerais bien gagner 90 millions d’euros...
sans avoir à jouer en bourse pendant 20 ans ou à vendre mon âme à TotalFina
pendant le restant de ma vie jusqu’à devenir cadre dirigeant avec un joli
parachute doré et un beau bas de laine de pot-de-vin de la moitié des
dictateurs africains.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Alors oui, pour gagner 90 millions d’euros, je
veux bien passer outre mon intégrité, car finalement il me semble, peut-être à
tort, que participer au système “Française des Jeux” est moins grave que de
participer aux systèmes des “marchés financiers” ou des multinationales. Parmi
les activités causant le plus de dégâts sur cette planète, la FdJ ferait
d’ailleurs sans doute partie des dernières sur la liste...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais attention. Si je peux me permettre de
faire ce compromis avec mon intégrité, ce n’est pas pour devenir ultra-riche et
parcourir le monde en Falcon et en Yacht pendant le reste de ma (triste) vie...
(ça fait un moment que je ne suis plus en extase devant une Lotus Spririt ou
une Jaeguer-Lecoutre), mais parce que j’ai une idée assez précise (quoique
passablement utopique) de ce que je voudrais faire avec 90 millions d’euros, et
cette idée est bien loin du traditionnel 1) “me mettre à l’abri du besoin” 2)
“faire tout ce que j’ai envie” 3) “faire plaisir à mes proches”.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;LISTE NON EXHAUSTIVE DE CE QUE JE
FERAIS SI JE GAGNAIS AU LOTO :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;1) Acheter un terrain (ou un île) pour créer
une communauté alternative qui fonctionnerait selon des principes
organisationnels et techniques imaginés par une sélection de penseurs et
scientifiques de mon choix.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;2) Acheter le maximum possible de terrain
naturel inhabité mais possédant une faune et une flore riche, et en faire un
lieu de retraite “a-technologique” ouvert à tous sur simple inscription.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;3) Monter un groupement secret d’intervention
chargé de séquestrer un à un les plus grands assassins de la planète et de les
placer pendant plusieurs heures face à des images (films, documentaires,
interview... plus ou moins violents) des conséquences de leurs actions, et ce
jusqu’à catharsis.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;4) Mettre sur pied une grande réunion
internationale des penseurs et scientifiques alternatifs pour définir ensemble
une nouvelle voie de “développement” pour demain.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En parrallèle, tout de même, j’investirais
(sans doute dans l’immobilier) de façon à recevoir un rente mensuelle de 1500
euros net pour ma mère et pour moi... Pour cela, 1 ou 2 millions d’euros
suffiraient.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Bien sûr, la faisabilité réelle de ces projets
reste à définir plus précisemment, mais l’idée y est. Personnellement, être
riche à ne pas savoir qu’en faire ne m’intéresse pas. Je suis même certain que
ça m’ôterait toute créativité et toute joie de vivre, connaissant ma propention
à ne rien foutre. En revanche, si j’avais soudain des moyens colossaux,
j’aurais la responsabilité d’en faire quelque chose d’utile, quitte à
m’aliéner, car je n’ai pas l’âme ni la carrure d’un rassembleur. Mais comme le
dit le père de Spiderman : “With great power comes great responsabilities.”&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.bouddhas-egoistes.net/post/2008/06/03/Le-Loto#comment-form</comments>
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  <item>
    <title>Primo posto</title>
    <link>http://blog.bouddhas-egoistes.net/post/2008/06/04/Primo-post</link>
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    <pubDate>Sun, 01 Jun 2008 16:43:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Balou</dc:creator>
            
    <description>    &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Alors voilà le pitch : je suis coincé au pieux
depuis 40 jours avec une sciatique en équerre dont même les papy se foutent de
ma gueule. On aurait pu me promettre des jours sans fin à essayer de faire
rentrer les secondes dans les minutes sur mon horloge numérique, des heures
plates comme des cadrans de Dali, des week-end chiants à remonter le moral d’un
koala albinos un mardi gras... Que nenni, c’est mal me connaître. Je m’éclate
comme une loutre : bouquins, BD, magazines, Internet, DVD... Le monde entier
est à portée de main. On vit une époque où il est devenu pratiquement
impossible de s’ennuyer. Les sources de divertissement passif sont
inépuisables, au point que je pourrais presqu’en oublier à jamais de sortir de
mon 35m2... si ce n’était pour sauver mon légendaire bronzage tropical qui
commence à prendre un sérieux coup de chaux.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Tout ça pour dire, qu’à la faveur de ce
temps-mort, où les contraintes sociales et professionnelles ont miraculeusement
disparus de mon agenda, j’en profite pour m’attaquer à ce petit coin
d’expression qui me trotte depuis longtemps dans la tête. Sinon, je pourrais
passer mon temps à ingurgiter toutes sortes de conneries sans jamais les chier
nulle part, et c’est comme ça qu’on se fait des occlusions intestinales...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Une fois encore, comme pour à peu près tous mes
projets, la vraie question c’est : “Est-ce que je tiendrais la distance ?”&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Allez, cette fois je me donne 3 mois.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pour en savoir plus &lt;a href=&quot;http://blog.bouddhas-egoistes.net/pages/A-propos-de&quot;&gt;à propos de ce blog...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.bouddhas-egoistes.net/post/2008/06/04/Primo-post#comment-form</comments>
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